
En 1939, pendant que Paris retient son souffle, un homme range des Delacroix et des Géricault dans des caisses de bois. Il s’appelle Babi Maklouf Benhamou, il est gardien de nuit au Louvre, et il n’a rien d’un héros de cinéma. C’est pourtant lui qu’Élie Chouraqui place au centre de son nouveau film, en salle ce mercredi 9 septembre.
L’histoire n’est pas inventée. Face à l’invasion allemande qui se rapproche, Jacques Jaujard, le patron des musées nationaux, a organisé dans le plus grand secret l’évacuation des collections du Louvre. La Joconde, la Vénus de Milo, des centaines de toiles : tout a quitté Paris par la route, entassé dans des camions, planqué ensuite dans des châteaux de province. Une opération folle, longtemps méconnue, et pourtant bien réelle.
Chouraqui, lui, tient ça de famille. Babi Maklouf, c’était son grand-père. Le réalisateur en a d’abord fait une bande dessinée, parue en 2023, avant de la porter à l’écran. On sent cette dette personnelle dans la manière de filmer ce petit gardien à qui on confie soudain un des camions les plus précieux de l’Histoire, à condition qu’il embarque toute sa famille dans l’aventure.
Le film adapte la BD signée Élie Chouraqui : dans ce premier tome, Babi doit mettre la Joconde à l’abri.
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Au casting, du beau monde. Kad Merad, à contre-emploi, endosse le rôle-titre. Bernard Le Coq incarne Jaujard, Marie Gillain et Jean-Hugues Anglade complètent une distribution solide. Le film dure environ 1h45, il est classé tout public, et le musée du Louvre a lui-même coproduit le projet, budgété autour de 6,8 millions d’euros.
Alors est-ce que ça vaut le déplacement ? Sur le papier, le sujet est en or : un road-movie patrimonial en pleine débâcle, avec la peur au ventre et des tableaux inestimables sur la banquette arrière. On peut craindre le film de patrimoine un peu sage, la reconstitution appliquée qui coche les cases. Mais l’angle intime, celui d’une famille ordinaire prise dans la grande Histoire, a de quoi éviter le piège de la fresque figée.
Présenté cet été au festival d’Angoulême, le film joue clairement la carte du grand public, celui qui aime les vraies histoires qu’on n’apprend pas à l’école. Si vous avez un faible pour les récits de résistance discrète, ceux où l’héroïsme tient dans un volant serré et une caisse bien arrimée, celui-là est fait pour vous.
Crédit photo : Paradis Films





