
Charline Bourgeois-Tacquet revient, quatre ans après Les Amours d’Anaïs, avec un film qui vise bien plus large que la simple comédie sentimentale. La Vie d’une femme arrive en salles le 9 septembre, après un passage remarqué en compétition officielle à Cannes au mois de mai. Et pour le coup, on tient là un des titres de la rentrée dont on va reparler.
Gabrielle, c’est Léa Drucker. Chirurgienne, cheffe de service dans un hôpital public, elle court partout, se démultiplie, encaisse les responsabilités les unes après les autres. Il lui reste des miettes pour sa vie privée : un mari qui l’aime, une mère dont il faut s’occuper. Puis débarque Frida, une romancière venue passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre. Mélanie Thierry joue la perturbatrice. Et l’équilibre si patiemment tenu par Gabrielle se met à vaciller.
Le film tient sur deux jambes. D’un côté, une liaison qui rebat les cartes d’une existence trop bien rangée. De l’autre, un portrait de l’hôpital public sans concession, filmé comme une institution à bout de souffle, minée par le manque de moyens mais tenue debout par des soignants qui n’ont jamais appris à lâcher. C’est cette seconde dimension qui donne au film son poids.
Envie de retrouver Léa Drucker dans un tout autre registre ? Son rôle dans Jusqu’à la garde, drame familial suffocant, reste un sommet.
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Bourgeois-Tacquet filme tout ça avec une vraie nervosité. Montage rythmé, dialogues qui claquent, et un contraste malin entre l’agitation permanente des couloirs et les échappées plus calmes, à la montagne, avec Frida. Léa Drucker porte l’ensemble sur ses épaules, et elle est franchement bouleversante : une femme pleine d’énergie, de courage, d’une liberté qu’on ne lui connaissait pas forcément dans ce registre. Le genre de rôle qu’on retient une saison entière.
Tout n’est pas parfait, il faut le dire. La partie romantique est la plus fragile de l’ensemble, parfois un peu attendue dans ses détours. Sauf que voilà, cette fragilité finit presque par servir le propos : c’est bien la vie privée qui se dérobe quand le métier prend toute la place.
Reste un film ample, généreux, porté par deux actrices au sommet. 1h38 qui passent vite. Si vous cherchez un film adulte et sensible, qui parle de travail, de désir et d’épuisement sans jamais donner de leçon, celui-là mérite clairement le détour.
Crédit photo : Pyramide Distribution





