Culture

Matthew McConaughey revient au cinéma en apiculteur inspiré, et Oklahoma Honey vaut clairement le détour

posted by Vincent 20 août 2026
Affiche du film Oklahoma Honey : Matthew McConaughey en apiculteur et Angelina LookingGlass dans un champ, avec des ruches

Six ans qu’on ne l’avait pas vu sur grand écran. Matthew McConaughey a passé le plus clair de la décennie loin des plateaux, entre bouquins, publicités et vie tranquille au Texas, et voilà qu’il ressurgit dans un rôle que personne n’aurait parié : un apiculteur du fin fond de l’Oklahoma. Oklahoma Honey est sorti mercredi dernier dans les salles françaises, et c’est le genre de film qu’on n’attendait pas.

Derrière la caméra, Andrew Patterson. Un nom qui ne dira pas grand-chose au grand public, mais les amateurs se souviennent de The Vast of Night, son premier long, un petit bijou de science-fiction bricolé avec trois francs six sous et une maîtrise folle du hors-champ. Pour son deuxième film, il change complètement de terrain. Il filme Amziah King, un apiculteur haut en couleur, spécialiste du miel de trèfle blanc, qui vit en symbiose avec ses ruches et sa petite communauté d’artisans passionnés.

La première moitié cultive une sorte de bonheur naïf, presque solaire. Patterson filme le Midwest avec une tendresse un peu fétichiste, multiplie les séquences musicales, guitare et chansons à l’appui, et McConaughey s’y donne à fond. On le sent heureux d’être là, et ça se voit à l’écran.

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Sauf que voilà, le film ne reste pas dans cette bulle. À mi-parcours, Oklahoma Honey bascule. Kateri, la fille adoptive de King dont il s’était éloigné depuis des années, réapparaît, et il y voit l’occasion de renouer et de bâtir une entreprise familiale. Sauf que le monde du miel est sans pitié, ses rivaux menacent tout ce qu’il a construit, et le récit vire au néo-western tragique, quelque part entre Anthony Mann, Peckinpah et un zeste de Tarantino. Le passage du miel à la vengeance surprend, et déstabilise parfois. Kurt Russell, Cole Sprouse ou Owen Teague complètent le tableau.

Tout n’est pas parfait, d’ailleurs. Le montage part un peu dans tous les sens, réduit certaines séquences à des clips qui n’aboutissent jamais vraiment, et le film peine à tenir ensemble ses ambitions arty et sa candeur du début. On aurait aimé une forme un peu plus tenue.

Reste que Patterson a une générosité, une vraie envie de cinéma qui emporte l’adhésion. Et McConaughey, en artisan un peu barré amoureux de ses abeilles, retrouve une justesse qu’on lui connaissait bien. Pour son grand retour, il pouvait difficilement mieux tomber. Si vous cherchez un film à part en cette fin d’été, celui-là mérite franchement qu’on lui laisse sa chance.

Crédit photo : Metropolitan Filmexport

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