Culture

Pierre Lemaitre referme sa grande fresque, et Les Belles Promesses tient (presque) parole

posted by Vincent 27 juin 2026
Couverture du roman Les Belles Promesses de Pierre Lemaitre (Calmann-Lévy)

Voilà le point final. Avec Les Belles Promesses, paru chez Calmann-Lévy, Pierre Lemaitre boucle Les Années glorieuses, sa tétralogie sur les Trente Glorieuses. Et comme le cycle précédent, dont Au revoir là-haut couronné par le Goncourt en 2013, lui était relié, on tient là l’aboutissement d’un projet romanesque mené sur plus de dix ans.

L’histoire se déroule entre septembre 1963 et le printemps 1964, surtout à Paris. Tout commence par un incendie rue Caulaincourt : Jean Pelletier sauve un bébé des flammes et devient un héros de quartier. Sauf que son frère François se met à le soupçonner d’avoir du sang sur les mains. Et pendant que la famille se déchire, le pays se transforme à toute vitesse : le périphérique sort de terre, la guerre d’Algérie laisse ses cicatrices, les campagnes basculent.

Ce que Lemaitre réussit le mieux, c’est ça : faire passer la grande Histoire par le trou de la serrure d’une famille. On retrouve les Pelletier comme de vieilles connaissances, et quelques pages suffisent pour replonger.

Le roman avance sur deux jambes. D’un côté l’intrigue intime, presque policière, Jean est-il un assassin ? De l’autre la chronique d’une époque qui se croyait promise à un avenir radieux. Le titre est évidemment ironique. Ces belles promesses des années 60, on sait aujourd’hui ce qu’elles ont donné.

Les Belles Promesses — Pierre Lemaitre

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Faut-il pour autant crier au chef-d’œuvre ? Pas tout à fait. L’accueil critique est plus partagé que d’habitude, et on comprend pourquoi. À vouloir tout boucler proprement, Lemaitre force parfois le trait, et certaines ficelles narratives se voient un peu. Le sanglier qui débarque dans l’intrigue, oui, un sanglier, en fera sourire ou soupirer plus d’un.

Reste l’efficacité. Lemaitre raconte vite, bien, avec ce sens du feuilleton qui fait tourner les pages sans qu’on s’en aperçoive. 50 000 exemplaires écoulés la première semaine, l’éditeur a déjà retiré : le public a tranché.

Pour qui ? D’abord ceux qui ont lu les tomes précédents, qui y trouveront une vraie conclusion. Mais le livre se tient aussi seul, si vous aimez les grandes sagas familiales bien menées, à la Ken Follett version française.

Bref, ce n’est pas le Lemaitre le plus surprenant, mais c’est un final solide. Et refermer une fresque pareille sans se planter, c’est déjà une promesse tenue.

Crédit photo : Calmann-Lévy

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