Culture

La Bataille de Gaulle s’achève au cinéma, et Antonin Baudry réussit le pari fou d’un blockbuster historique français

posted by Vincent 27 juin 2026
Affiche officielle du diptyque La Bataille de Gaulle d'Antonin Baudry, croix de Lorraine plantée sur une carte

On l’attendait au tournant, ce diptyque à 74 millions d’euros. Le cinéma français qui se paie une fresque de guerre grand spectacle, ça sentait soit le triomphe, soit le naufrage. Avec la deuxième partie, J’écris ton nom, désormais en salles après l’Âge de fer début juin, on a la réponse. Antonin Baudry s’en sort, et plutôt mieux qu’on ne l’imaginait.

Le projet est adapté du De Gaulle de l’historien britannique Julian Jackson, et il couvre la période 1940-1944, du refus de l’armistice à la libération de Paris. Rien que ça. Mais Baudry, l’homme du Chant du loup, ne filme pas une statue de bronze. Il filme un type seul, déchu de sa nationalité, condamné à mort par son propre pays, qui débarque à Londres sans armée, sans appui, avec pour seul bagage une conviction que tout le monde juge délirante.

C’est là que le film est malin. Plutôt que de nous resservir la légende, il en fait un suspense. On connaît la fin de l’histoire, et pourtant ça tient en haleine, parce que le sujet n’est pas la victoire mais la désobéissance. Comment ose-t-on dire non quand le pays entier dit oui ?

Simon Abkarian campe un de Gaulle fragile, parfois perdu, loin du grand homme inoxydable. C’est le meilleur choix du film. Autour de lui, un casting dense : Simon Russell Beale en Churchill savoureux, Niels Schneider en Leclerc, Benoît Magimel en Koenig, Mathieu Kassovitz en amiral Darlan trouble à souhait.

De Gaulle : une certaine idée de la France (Julian Jackson)

Le film est adapté de cette biographie monumentale de l’historien Julian Jackson, la référence pour aller plus loin :

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Tout n’est pas parfait. Le jeu flirte parfois avec la théâtralité, certains personnages secondaires frôlent la caricature, et la première partie traîne un peu avant de trouver son rythme. La presse reste mesurée, autour de 3,5 sur 5, quand le public, lui, plébiscite franchement, au-delà de 4,4.

Et c’est peut-être ça le vrai exploit. Un film d’auteur ambitieux qui parle aussi au grand public, avec des scènes de combat d’une vraie intensité et une esthétique qui assume le spectacle sans renier l’intelligence.

Si vous n’avez vu que l’Âge de fer, foncez voir la suite, elle est meilleure. Et si vous n’avez encore rien vu, sachez que les deux parties forment un bloc de près de cinq heures qui se dévore. Pour une fois qu’on tente le grand format en France, autant le saluer.

Crédit photo : Pathé / AlloCiné

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