
Nina Cardi tient la chance de sa vie : monter Macbeth salle Richelieu, la scène la plus prestigieuse de la maison. Sauf que voilà, à trois heures de la première, tout part en vrille. Un décor qui coince, des ego qui s’entrechoquent, un comédien prêt à tout lâcher, et une jeune metteuse en scène qui découvre qu’à la Comédie-Française, quoi qu’il arrive, on n’annule jamais.
C’est le pitch de De la Comédie-Française, sorti aujourd’hui en salles. Une heure et quart menée tambour battant par Martin Darondeau et Bertrand Usclat, ce dernier surtout connu jusqu’ici pour ses sketchs sur YouTube. Le duo signe là son premier long-métrage, avec un privilège rare : tourner à l’intérieur même de l’institution, dans la vraie salle Richelieu. Le projet devait d’abord être une série. La salle s’est libérée quelques semaines, ils ont écrit le scénario en deux mois et foncé.
Au centre de tout ça, Pauline Clément, sociétaire maison, qui porte le film sur ses épaules. Elle campe une Nina débordée, drôle sans jamais forcer, avec ce sens du décalage qui en fait sans doute l’une des comédiennes les plus intéressantes du moment. Autour d’elle, Laurent Stocker et Julien Frison composent une troupe qui se chamaille, se jalouse et se réconcilie comme une vraie famille de théâtre. Ceux qui connaissent un peu les coulisses y verront pas mal de vérité.
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Le film ne se prend jamais au sérieux, et c’est peut-être sa plus jolie idée. Il aurait pu être snob, réservé aux initiés de Molière ; il choisit l’inverse, populaire et accessible, sans jamais prendre le spectateur de haut. On rit franchement, on s’attache, et on ressort avec l’envie d’aller voir une pièce le soir même.
Alors oui, tout n’est pas parfait. Certains lui reprochent d’enchaîner les péripéties sans vraie surprise, un catalogue de galères bien huilé plus qu’un récit qui vous cueille. Le final, par contre, décolle pour de bon. Et l’accueil ne trompe pas : quatre prix au festival de l’Alpe d’Huez, dont celui du public, et une presse plutôt conquise.
Bref, un premier film modeste dans ses ambitions mais généreux, qui donne envie de pousser la porte de la maison de Molière. Pour une comédie d’été, on a vu bien pire.
Crédit photo : Warner Bros. France





