Culture

Les Strokes ressortent du silence après six ans, et leurs deux premiers singles divisent déjà

posted by Vincent 30 juin 2026
Pochette de l'album Reality Awaits des Strokes : un cowboy au galop sur un cheval blanc dans un paysage de montagnes

Six ans sans nouvel album, c’est long pour un groupe qu’on avait adopté au tout début des années 2000 comme la promesse d’un rock redevenu désirable. Les Strokes reviennent enfin, et leur septième disque, Reality Awaits, est annoncé pour le 24 juillet. Neuf titres, quarante minutes à peine, et de nouveau Rick Rubin aux manettes, celui-là même qui avait produit The New Abnormal en 2020.

L’album a été enregistré au Costa Rica, ce qui en dit déjà long sur l’ambiance recherchée. On imagine assez bien Julian Casablancas et sa bande loin de New York, le studio ouvert sur la jungle. La pochette, signée Johann Rashid, cite une photo de Richard Prince datée de 1989. Le groupe a manifestement soigné l’emballage.

Deux singles tournent déjà. Going Shopping, sorti en avril, puis Falling out of Love, arrivé en mai. Et c’est là que ça se complique. Going Shopping parle de consommation, de fuite en avant, de ce vague à l’âme moderne où l’on achète pour ne pas penser. L’intention est bonne, le riff accroche. Sauf que la voix de Casablancas y est noyée sous l’autotune, au point que la moitié des fans crie à la trahison pendant que l’autre défend une vraie prise de risque.

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Si ces deux singles vous donnent envie de réécouter le groupe, leur album précédent, lui aussi produit par Rick Rubin, reste une belle porte d’entrée.

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J’avoue être partagé. Les Strokes ont toujours flirté avec le détraqué, la prod sale, la voix lointaine comme sortie d’un vieil ampli. L’autotune assumé n’est donc pas si éloigné de leur cinéma. Mais ici, par moments, ça sonne moins comme un choix que comme une béquille. Falling out of Love passe mieux, plus mélodique, plus proche du groupe qu’on aime.

Reste que juger un album sur deux titres, c’est un peu comme noter un film d’après sa bande-annonce. Rubin n’a jamais été du genre à empiler les gadgets, il pousse plutôt les groupes vers l’essentiel. Il y a donc de bonnes chances que le disque entier soit plus cohérent que ces deux extraits clivants.

Pour qui ? Pour celles et ceux qui ont usé Is This It et Room on Fire, évidemment, mais aussi pour les curieux qui veulent voir si une formation culte sait encore se réinventer après vingt ans de carrière. Rendez-vous le 24 juillet pour trancher. En attendant, ces deux singles donnent une vraie raison de tendre l’oreille, ne serait-ce que pour se faire son propre avis sur cette fameuse histoire d’autotune.

Crédit photo : The Strokes

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