
Le 1er juillet, Le Tombeau des lucioles retrouve les écrans français. Trente ans après sa première sortie en salles chez nous, le film d’Isao Takahata revient, porté par Sony Pictures et Crunchyroll. Si vous ne l’avez jamais vu, c’est l’occasion. Et si vous l’avez déjà vu, vous savez déjà que vous allez hésiter avant d’y retourner.
Petit rappel pour ceux qui rangent encore le Studio Ghibli au rayon des jolies fables. Sorti au Japon en 1988, ce long-métrage n’a rien d’un conte réconfortant. Il raconte l’été 1945, dans la région de Kobe pilonnée par les bombardiers américains. Deux enfants, Seita et sa petite soeur Setsuko, perdent leur mère et se retrouvent à survivre seuls, ballottés par un pays qui s’effondre et des adultes débordés.
Takahata, le cofondateur de Ghibli qu’on connaît moins que Miyazaki, signe là son film le plus dur. Pas de magie, pas d’échappatoire. Juste deux gamins, une boîte de bonbons, des lucioles qui s’allument une nuit et s’éteignent au matin. L’image vous reste collée longtemps.
Ce qui frappe, c’est la pudeur. Le film ne cherche jamais à vous arracher des larmes avec de grosses ficelles. Il filme le quotidien, la faim, les petits gestes, la tendresse d’un grand frère qui fait ce qu’il peut. La tragédie est annoncée dès les premières minutes, et pourtant on espère bêtement jusqu’au bout. C’est cette honnêteté-là qui en fait un sommet, bien plus qu’un simple film triste.
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Adapté d’un récit en partie autobiographique d’Akiyuki Nosaka, il a longtemps traîné une réputation de film le plus déprimant jamais réalisé. C’est réducteur. C’est surtout l’un des plus beaux. Il parle de la guerre vue d’en bas, du côté des civils et des enfants, sans jamais hausser le ton.
Le revoir en salle, c’est aussi le débarrasser du petit écran et des notifications. Cette histoire mérite le noir complet et le silence. Elle a d’ailleurs été présentée cette année à Annecy, dans la section qui honore les classiques, et ce n’est pas un hasard.
Un conseil quand même. Ce n’est pas le film à emmener voir un premier rendez-vous, ni à montrer à un enfant trop jeune. Mais pour tous les autres, c’est un de ces rares films qui vous changent un peu après le générique. Vous ressortez plus silencieux, et c’est très bien comme ça.
Crédit photo : Sony Pictures France





