Culture

Philippe Katerine revient avec Planète bleue, et ses onze chansons disent l’angoisse de l’époque en une demi-heure

posted by Vincent 25 octobre 2026
Philippe Katerine enlace son double en silicone sur la pochette de l'album Planète bleue

Il y a des disques qui s’étalent sur soixante minutes pour ne pas dire grand-chose. Et puis il y a Philippe Katerine, qui pose onze titres en trente minutes et vous laisse quand même avec l’impression d’avoir fait le tour de l’époque. Planète bleue est sorti le 23 octobre, et c’est à mon avis son album le plus habité depuis un bon moment.

On connaît le personnage. Le bonhomme bleu des Jeux de Paris, l’excentrique qui chante des bêtises avec un sérieux imperturbable, l’acteur qu’on croise un peu partout. Sauf que derrière le costume rigolo, il y a un vrai songwriter, et ça s’entend ici plus que jamais.

Le disque est produit par Nikola Fève, alias Nk.F, le type qui bosse d’habitude avec Zaho de Sagazan, Orelsan ou PNL. Autant dire pas le premier venu. Il enveloppe les chansons de Katerine dans des arrangements doux, un peu cotonneux, qui laissent toute la place à la voix et aux mots.

Et les mots, justement. Katerine observe. L’anxiété ambiante, l’écologie qui vire au cauchemar tranquille, la violence sociale qui monte sans qu’on fasse vraiment attention. Il raconte tout ça de biais, avec ce décalage qui est sa signature, jamais donneur de leçons. On rit, puis on se rend compte qu’on riait un peu jaune.

Katerine – Florilège (vinyle)

Pour (re)découvrir l’univers de Katerine en attendant Planète bleue en bac, son Florilège orchestral en vinyle fait un beau point de départ.

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La pochette résume l’affaire mieux qu’un long discours. On y voit Katerine enlacer son propre double en silicone, un mannequin au visage tuméfié issu du tournage de la série Paolo. Panser ses plaies, se réparer, repartir plus léger. Tout l’album tient là-dedans.

Musicalement, ne cherchez pas le tube qui vous saute à la gorge. Les mélodies ont l’air de rien, elles se posent, elles s’installent, et c’est au troisième passage qu’elles vous attrapent pour de bon. C’est une musique qui travaille en douce.

Alors oui, trente minutes, certains trouveront ça court. Moi je trouve surtout ça honnête. Katerine dit ce qu’il a à dire et s’arrête, sans remplir pour faire nombre.

Pour qui ? Pour celles et ceux qui aiment la chanson française quand elle ose être étrange sans se prendre au sérieux. Pour les gens que la grande machine pop fatigue un peu. Bref, un disque qui fait du bien sans jamais vous prendre par la main. Et par les temps qui courent, ce n’est pas rien.

Crédit photo : Just Music

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