
Vous connaissez Fatoumata Diawara sans forcément le savoir. Sa voix, on l’a entendue chez Gorillaz, sur la bande-son de Soul chez Pixar, aux côtés de Damon Albarn ou du pianiste cubain Roberto Fonseca. Nommée aux Grammys, la chanteuse et guitariste malienne fait partie de ces artistes qui passent les frontières sans jamais renier d’où elles viennent.
Depuis le 5 juin, elle a un nouvel album, Massa, sorti chez le label français Nø Førmat. Et c’est sans doute le plus personnel de toute sa carrière.
La direction artistique a été confiée à -M-, autrement dit Matthieu Chedid, vieux complice qui l’avait déjà accompagnée par le passé. Le résultat, c’est un mariage entre l’héritage mandingue, la guitare wassoulou et des textures franchement pop. Par moments, on est plus près du grand format taillé pour la scène que de la musique du désert qu’on attendrait. C’est assumé, et plutôt réussi.
Côté thèmes, Fatoumata Diawara ne se cache pas. Elle parle de famille, de foi, des départs, de l’héritage transmis par son père, des blessures qu’on ne montre pas. Douze titres, à peine quarante minutes, mais une vraie densité. Rien de bavard, tout va à l’essentiel.
Envie de la découvrir avant Massa ? Son précédent album, London Ko, reste une excellente porte d’entrée :
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Ce qui frappe, c’est l’équilibre. On aurait pu craindre que la production léchée écrase le propos, que la pop avale la tradition. Il n’en est rien. Sa voix reste devant, nue par endroits, et c’est elle qui tient l’ensemble. Quand elle chante en bambara sur un tapis de synthés, ça ne sonne pas comme une concession au marché, plutôt comme une langue de plus.
On peut quand même émettre une réserve. À force de viser large, certains morceaux flirtent avec une rondeur un peu trop confortable, ce côté radio internationale qui lisse les aspérités. Les amateurs de la Fatoumata plus brute de ses débuts pourront trouver que ça manque parfois de tranchant.
Mais bon, c’est chercher la petite bête. Massa est un album généreux, qui se laisse écouter en entier sans qu’on regarde l’heure, et qui réconcilie deux mondes qu’on oppose trop souvent.
Pour qui ? Pour ceux qui aiment quand la musique africaine dialogue avec la pop sans se renier. Pour ceux qui ont aimé Angélique Kidjo ou Rokia Traoré. Et pour les curieux qui n’y connaissent rien : c’est une belle porte d’entrée.
Crédit photo : Nø Førmat





