Culture

Les Pet Shop Boys consacrent un album entier à Alan Turing, et A Man From The Future dormait dans un tiroir depuis douze ans

posted by Vincent 24 octobre 2026
Pochette de l'album A Man From The Future des Pet Shop Boys, portrait d'Alan Turing en vert et orange

Neil Tennant et Chris Lowe viennent de sortir un disque qui ne ressemble à rien d’autre dans leur discographie. A Man From The Future, paru le 9 octobre sur Parlophone, n’est pas un album de tubes synthpop. C’est un portrait musical d’Alan Turing, le mathématicien qui a cassé le code Enigma à Bletchley Park, posé les bases de l’informatique moderne, puis a été condamné en 1952 pour son homosexualité et poussé à la castration chimique. Il est mort deux ans plus tard, à 41 ans.

Le projet ne date pas d’hier. Les deux Anglais l’avaient créé avec Andrew Hodges, le biographe de Turing, et donné une seule fois lors d’un Prom à la Royal Albert Hall en 2014. Douze ans plus tard, ils ont tout repris, poussé l’électronique, réécrit les arrangements, et gravé enfin le résultat.

Huit titres, quarante-huit minutes. Ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Juliet Stevenson, l’actrice, qui lit des passages du livre d’Hodges entre les morceaux. Du spoken word posé sur des nappes de cordes jouées par l’octet du Manchester Camerata, avec un chœur d’écoliers du Manchester Grammar School sur quatre plages. On est loin de West End Girls. Sven Helbig signe des orchestrations qui tirent le tout vers quelque chose de solennel, presque un oratorio, sans jamais tomber dans le pompeux.

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L’album existe en double CD si vous voulez l’écouter d’une traite, narration de Juliet Stevenson comprise :

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Est-ce que ça marche ? Plutôt, oui, à condition de savoir où on met les pieds. Il faut accepter que ce ne soit pas vraiment un album de chansons mais une œuvre à écouter d’une traite, comme on regarderait un documentaire. Les passages narrés cassent le rythme si vous cherchez juste à danser. Mais quand la machine se met en route, la tension monte, et la fin, qui raconte la condamnation et la pomme empoisonnée, vous serre la gorge pour de vrai.

Tennant et Lowe parlent d’un mémorial musical pour un homme qui a tant donné à son pays avant d’être brisé par lui. Le geste est sincère, un peu grave, et ça se sent. Ce n’est pas le disque qu’on conseille à quelqu’un qui découvre le groupe. Mais si vous aimez les Pet Shop Boys depuis longtemps, ou si l’histoire de Turing vous touche, posez-vous quarante-huit minutes avec. Ça en vaut la peine.

Crédit photo : Pet Shop Boys / Parlophone

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