
On connaît le Warhol des sérigraphies de Marilyn et des boîtes de soupe Campbell. Beaucoup moins celui qui, dans les années 1950, gagnait sa vie à New York en dessinant des escarpins pour les vitrines des grands magasins. C’est ce Warhol de l’ombre que le Musée du Luxembourg met en avant jusqu’au 10 janvier 2027, avec « Andy Warhol. La ligne et l’image ».
Environ 150 dessins, une douzaine de peintures, des sérigraphies sur papier, des photos et des carnets de croquis. L’accrochage part des autoportraits des années 1940 et va jusqu’aux acryliques tracés un an avant sa mort, survenue en 1987. Entre les deux, toute une vie passée le crayon à la main, alors que sa légende l’a réduit à l’usine à images de la Factory.
Le cœur du sujet, c’est sa technique du « blotted line ». Il traçait un motif à l’encre, pressait une feuille par-dessus tant que c’était humide, et récupérait une ligne tremblante, un peu cassée, qu’il pouvait décliner en série. Une façon de fabriquer de l’original à la chaîne, bien avant la sérigraphie. Tout son programme est déjà là, dans ces débuts d’illustrateur publicitaire qu’on prenait pour un simple gagne-pain.
Pour prolonger la visite, ce recueil rassemble les dessins intimes de ses premières années.
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Ces dessins de jeunesse, chaussures, chats, anges, fleurs et visages d’amis, disent une douceur et une sensualité qu’on n’associe pas vraiment au Warhol froid et businessman de la grande époque. Il y a du camp, un érotisme assumé, de l’humour discret, et une tendresse que les icônes pop ont fini par recouvrir. Voir la main avant la machine change pas mal le regard qu’on porte sur le reste de l’œuvre.
Reste que l’exposition mise beaucoup sur l’intime et le mineur. Les visiteurs venus chercher les grandes toiles colorées risquent d’être un peu déçus, parce qu’il faut ralentir, s’approcher de feuilles modestes plutôt que se laisser cueillir par des murs saturés. C’est le prix d’une proposition qui préfère la nuance au spectacle, et ça se défend très bien.
Comptez 14 euros l’entrée, 10 en tarif réduit, gratuit pour les moins de 16 ans, avec une nocturne le lundi jusqu’à 22 heures bien pratique pour éviter la foule du week-end. Si vous pensiez tout savoir du bonhomme, c’est précisément l’expo qui va vous faire changer d’avis.
Crédit photo : Musée du Luxembourg / GrandPalais Rmn





