
On connaît Xilam pour Oggy et les Cafards, les Zinzins de l’espace, l’humour qui tape vite et fort. Alors forcément, voir ce studio français signer un drame d’animation mélancolique, ça surprend. Le Mystère Lucy Lost sort mercredi 28 octobre, et on est très loin du cartoon qui gueule.
C’est la toute première fois qu’un roman de Michael Morpurgo passe au dessin animé. Le Britannique, c’est l’auteur de Cheval de guerre, celui que Spielberg a porté à l’écran en 2011. Ici, Olivier Clert adapte Le mystère de Lucy Lost, un livre paru chez Gallimard Jeunesse, et il en tire 1h29 d’une douceur qui ne triche jamais avec la dureté du monde.
L’histoire se passe sur une petite île des Sorlingues, au large des côtes anglaises, pendant la Première Guerre mondiale. Lucy y grandit avec des dons un peu trop voyants pour les villageois, qui la rejettent. Puis arrive Milly, une fillette que personne d’autre qu’elle ne voit, et le film file vers le secret de ces pouvoirs. Pas une minute de trop, pas un effet en trop.
Le parcours en festival force le respect. Cannes l’a montré en mai en sélection officielle, Annecy l’a pris en compétition fin juin, et il est reparti de Shanghai avec le prix du meilleur film d’animation. Pour un studio qu’on attendait sur le registre comique, c’est un sacré changement de carte de visite.
Le film est tiré de ce roman : à lire avant ou après la séance.
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Reste que l’accueil est partagé. Côté public, les notes tournent autour de 7 sur 10, mais certains critiques décrochent, un peu déroutés par ce récit qui prend son temps et qui pince. Clert assume un cinéma qui parle aux enfants des choses graves, du deuil, de la différence, sans jamais leur mentir. C’est courageux, et ça change du divertissement calibré au millimètre.
Pour qui, alors ? Plutôt des enfants à partir de 8 ou 9 ans, ceux qui n’ont pas peur d’une histoire lente et un peu triste. Les tout-petits risquent de s’ennuyer. Mais si vous en avez assez de la énième suite d’une franchise, Le Pacte vous propose là un objet rare, un dessin animé français ambitieux, tiré d’un grand auteur, qui ose la mélancolie et la beauté des paysages plutôt que la rigolade facile.
Moi, rien que pour voir Xilam viser le cœur au lieu de la rate, j’y vais.
Crédit photo : Le Pacte / Xilam





