
Ce 27 octobre, les dix jurés de l’académie Goncourt, Philippe Claudel à leur tête, se retrouvent chez Drouant pour faire le plus cruel de leurs tris. Huit romans étaient encore en lice depuis la deuxième sélection du 6 octobre. Ce midi, il n’en reste que quatre. Le lauréat, lui, sera proclamé le 3 novembre, au même endroit, autour de la même nappe blanche. Le rituel ne change jamais, et il continue de propulser un livre à des centaines de milliers d’exemplaires en quelques semaines.
Alors qui jouait sa place à table avant la coupe ? La cuvée est franchement costaude cette année. On y trouvait Philippe Jaenada et son « Inconnue du quai de Javel » (Flammarion), nouvelle enquête obsessionnelle sur un fait divers oublié, taillée dans le style fleuve qu’on lui connaît. Face à lui, Yannick Haenel avec « La solitude des professeurs est infinie » (Gallimard), un titre qui dit déjà tout du vertige qu’il explore.
Sylvain Prudhomme restait en course avec « De l’autre côté du lac » (Minuit), Boris Bergmann avec « Minotaure » (Albin Michel), un roman sur le désir d’enfant qui a beaucoup fait parler. Et puis Olivier Rolin, Clémentine Mélois, Anne Godard, Sonia Devillers complétaient une liste où, pour une fois, aucun nom ne s’imposait comme une évidence.
L’un des romans en lice, l’enquête fleuve de Jaenada sur un fait divers oublié, si vous voulez vous faire votre propre idée avant le verdict :
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C’est peut-être ça le plus intéressant du cru 2026. Pas de rouleau compresseur annoncé, pas de favori que tout le monde attend avec résignation. La presse penche pour Jaenada, dont le travail d’archiviste maniaque force le respect depuis des années, mais Haenel a ce quelque chose qui plaît aux académiciens, cette ambition un peu folle qui tranche avec la production calibrée.
Si vous voulez mon avis, c’est le bon moment pour sauter dans la mêlée. Les quatre finalistes vont trôner sur toutes les tables de librairie d’ici ce soir, et contrairement à certaines années où le palmarès sentait le consensus mou, celui-ci a de vrais partis pris, des écritures qui ne se ressemblent pas. On peut détester le principe du prix, trouver que le Goncourt fait et défait les carrières de façon un peu arbitraire. C’est vrai. Mais c’est aussi la seule semaine de l’année où un roman exigeant se retrouve en tête de gondole, et ça, ça n’a pas de prix.
Rendez-vous le 3 novembre pour connaître le gagnant. En attendant, lisez-les.
Crédit photo : Illustration générée par IA





