
Angèle est de retour. Quatre ans après Nonante-Cinq, la Bruxelloise a sorti Instinct le 16 octobre. Treize titres, moins de trois quarts d’heure au compteur, et un virage que personne n’avait vraiment vu venir.
Fini, ou presque, le piano-voix et les refrains qu’on fredonne dès la première écoute. Cette fois elle fonce vers l’électro, et pas qu’un peu. Elle s’est entourée de Justice, de Soulwax, de Sebastian, et même de l’Américaine Caroline Polachek. Des pointures du genre, des gens qui savent faire décoller un morceau à coups de basses et de synthés.
Le résultat divise, et c’est peu de le dire. Les quatre singles parus avant l’album avaient pourtant prévenu tout le monde. What You Want en février, Dis-le en juin, Une seule vie fin août, Love Triangle en septembre. Dis-le, surtout, a fait parler. Angèle le présente comme une lettre d’amour à la rave party, la prod cogne, et le problème c’est ce « Dis-le dis-le dis-le » en boucle qui finit par agacer plus qu’il n’emporte. On sent la bonne idée. On sent aussi qu’elle aurait mérité un peu moins de décibels.
Pour autant, il y a de vraies réussites. Quand Angèle garde sa plume, cette manière d’écrire des textes sur les choix qu’on fait, la solitude, les sentiments qu’on n’ose pas dire, l’album touche juste. Une seule vie en est le meilleur exemple. La presse étrangère ne s’y est pas trompée : le Financial Times lui colle quatre étoiles sur cinq, le Guardian trois, en saluant une pop belge qui refuse de faire comme tout le monde.
Envie de vous faire votre propre avis ? L’album Instinct d’Angèle est dispo en CD et en vinyle.
Instinct, d’Angèle → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Côté chiffres, le succès est au rendez-vous. Numéro un en Wallonie, deuxième en Flandre et en Suisse dès la première semaine. Angèle reste une valeur sûre, même quand elle prend des risques.
Alors, faut-il y aller ? Si vous attendiez un Brol ou un Nonante-Cinq bis, vous allez tiquer. Instinct demande un effort, il faut accepter de la suivre sur le dancefloor plutôt que dans la chambre. Mais c’est peut-être ça le plus intéressant chez elle en ce moment : elle préfère se planter en cherchant plutôt que ronronner en terrain connu. Perso, je préfère largement une artiste qui ose.
Mettez le casque, montez le son, et jugez sur pièce.
Crédit photo : Angèle / Columbia Records





