
Guillaume Canet redonne la vedette à Marion Cotillard, et rien que ça, ça intrigue. Karma est arrivé dans les salles françaises le 21 octobre, après un passage par Cannes au mois de mai. Comptez deux heures et demie, ou presque, puisque le film affiche 149 minutes au compteur.
L’histoire démarre dans un village du nord de l’Espagne. Jeanne essaie de se refaire une vie avec Daniel, un homme qui ignore tout de son passé. Et puis un jour, Mateo, son filleul de six ans, disparaît sans explication. Pour échapper aux soupçons de la police, elle file en France, vers la communauté où elle est née. On sent le piège se refermer rien qu’à la lecture du pitch.
Canet aime les récits à tiroirs, les secrets qui remontent, les familles qui cachent des choses. Il reste ici sur un terrain qu’il connaît bien. Le problème, c’est que le film s’étire. La presse lui met une moyenne de 3 sur 5 sur une trentaine de critiques, et le reproche revient souvent, toujours le même : c’est trop long. La tension, bien installée dans la première heure, finit par se diluer dans des rebondissements qu’on voit parfois venir de loin.
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Ce qui tient le tout debout, c’est le casting. Marion Cotillard porte Jeanne avec cette intensité un peu douloureuse qui est sa marque, une angoisse qu’elle rend presque physique. Face à elle, Denis Ménochet apporte sa masse et son calme inquiétant. Et l’Espagnol Luis Zahera, qu’on avait adoré dans As bestas, ajoute une couche de menace sourde. Même quand le scénario patine, on continue de les regarder.
Le public, lui, se montre plus indulgent que la critique, avec une note qui tourne autour de 4 sur 5. C’est souvent le cas sur ce genre de thriller un peu théâtral. On râle sur la longueur en sortant de la salle, mais on a été tenu jusqu’au bout.
Faut-il y aller ? Si vous aimez Cotillard et les drames à atmosphère, oui, clairement. Si les films qui prennent leur temps et en rajoutent vous agacent, vous allez regarder votre montre. Karma n’est pas le meilleur Canet, loin de là, mais c’est aussi loin d’être le pire, et ses deux têtes d’affiche valent à elles seules le déplacement.
Crédit photo : Pathé / Iconoclast





