
Quatre ans après L’Emprise, Mylène Farmer revient avec un treizième album studio, Égrégore, attendu le 30 octobre chez Stuffed Monkey et Sony. Treize titres, quarante-cinq minutes, et une idée qui n’appartient qu’à elle : trois jours avant la sortie, le 27 octobre, l’album sera projeté en salles, IMAX compris, sous la forme d’un film de soixante-cinq minutes. On écoute un disque assis dans le noir, sur grand écran, avant même de pouvoir l’avoir chez soi. Le genre de dispositif que peu d’artistes français peuvent se permettre.
Un égrégore, dans le vocabulaire ésotérique, c’est cette énergie collective qu’un groupe finit par dégager à force d’y croire ensemble. Difficile de trouver mot plus juste pour décrire le lien un peu particulier qui unit Mylène Farmer à son public depuis quarante ans. Elle le sait, et le titre sonne comme une déclaration.
Le premier aperçu, Des lols et des quoi, a été dévoilé le 11 septembre. Sous ses airs de single pop, le texte s’attaque à l’appauvrissement de la langue française, grignotée par le jargon des réseaux et les anglicismes. Venant d’une parolière qui a toujours soigné ses mots, le sujet n’a rien d’anodin. Le clip est signé des frères Poiraud, fidèles collaborateurs.
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Côté invités, DJ Snake pose sa patte sur deux morceaux, Combien pour la nuit et Sans amarres. Le rapprochement peut surprendre, mais Farmer a toujours aimé brouiller les frontières entre variété d’auteur et production actuelle. L’album contient aussi Confession, un hommage à David Lynch disparu début 2025, qu’elle avait déjà interprété à Cannes.
Faut-il courir en salle le 27 ou attendre tranquillement le 30 ? Pour les fans, la question ne se pose même pas. Pour les autres, c’est l’occasion de redécouvrir une artiste qu’on résume trop vite à ses tubes des années 80, alors qu’elle n’a jamais cessé d’avancer. On peut rester hermétique à son univers, ses envolées mélancoliques et ses mises en scène grandiloquentes. On peut aussi reconnaître qu’à soixante-cinq ans, elle reste l’une des rares à remplir des stades sans jamais donner une interview, et à transformer la sortie d’un disque en événement.
Égrégore ne réinventera sans doute pas la chanson française. Mais il confirme qu’elle en occupe toujours une place à part, un peu hors du temps, et que personne n’a vraiment pris le relais.
Crédit photo : Stuffed Monkey / Sony Music





