Culture

La MEP accroche soixante ans de mode selon Irving Penn, et Penn & Fashion prouve qu’une photo de robe peut être un chef-d’œuvre

posted by Vincent 26 octobre 2026
Photographie noir et blanc d'Irving Penn: un mannequin en robe brodée à franges, assis sur fond clair, exposé à la MEP

Jusqu’au 17 janvier, la Maison Européenne de la Photographie consacre tout son parcours à Irving Penn, et plus précisément à sa mode. Penn & Fashion, c’est le titre. Soixante ans de silhouettes, de volumes et de matières, de 1947 à 2008.

Penn, vous le connaissez forcément sans le savoir. C’est lui qui, dès l’après-guerre, a sorti la mode des décors chargés pour planter ses mannequins sur un fond gris, nu, sans le moindre artifice. Juste une femme, une robe, la lumière. Le reste, il le jetait.

L’expo déroule sa carrière dans l’ordre, et on voit tout défiler : les collections parisiennes de Dior, Balenciaga, Courrèges, Yves Saint Laurent, Chanel, puis plus tard Lagerfeld, Galliano, Lacroix. Soit un siècle de couture française raconté par un Américain qui n’a jamais perdu son flegme.

Il y a Lisa Fonssagrives, bien sûr, le mannequin star des années 50 qui deviendra sa femme et sa muse. Il y a Jean Patchett, Marisa Berenson, Lauren Hutton. Et il y a cette collaboration un peu folle avec Issey Miyake, où le couturier japonais lui envoyait ses plissés pour que Penn en fasse des sculptures de papier.

Irving Penn : Centennial

Pour prolonger l’expo chez vous, la grande rétrospective en livre, de ses débuts à ses dernières natures mortes.

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Ce qui frappe, c’est la rigueur. Penn ne cherchait pas le joli. Il cherchait la forme pure, quitte à faire poser une robe comme on poserait une statue. Du coup, même ses photos de parfum ou de rouge à lèvres pour Vogue, dans les années 90, tiennent debout toutes seules comme des natures mortes.

L’accrochage s’appuie sur les fonds de la MEP et sur la collection Nicola Erni, une des plus grosses collections privées de photo de mode au monde, avec le renfort des fondations Penn et Miyake. Autant dire que le tirage que vous avez sous les yeux a été choisi par des gens qui savent.

Alors oui, la photo de mode peut passer pour un sujet futile, une affaire de chiffons et de magazines. Sauf que Penn en a fait un art à part entière, aussi exigeant que le portrait ou la nature morte qu’il pratiquait à côté. Et à voir ces tirages en vrai, avec leurs noirs profonds et leur grain, on comprend vite pourquoi.

Si vous passez par Paris cet automne, c’est une des plus belles choses à voir. Prévoyez juste du temps, on ne traverse pas soixante ans de Penn au pas de course.

Crédit photo : Irving Penn / Maison Européenne de la Photographie

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