
Depuis The Substance, on sait que l’horreur à la française a retrouvé ses crocs. Sanguine, qui sort ce 28 octobre, s’engouffre dans la brèche avec une idée simple et plutôt gonflée : filmer le stress au travail comme une maladie qui vous ronge littéralement de l’intérieur.
Marion Le Corroller signe là son premier long métrage, après avoir vu de près le monde de la finance avant de passer derrière la caméra. Ça se sent. Son héroïne, Margot (Mara Taquin), débute son internat aux urgences et peine à tenir le rythme. Autour d’elle, des patients de son âge arrivent avec des symptômes que personne n’explique. Et petit à petit, c’est son propre corps qui se met à parler, par des manifestations de plus en plus inquiétantes.
On tient donc un body horror social, un genre qui a le vent en poupe depuis Titane et le succès de Coralie Fargeat. Karin Viard et Kim Higelin complètent le casting. Le film a été montré en Séance de Minuit à Cannes cette année, ce créneau réservé aux œuvres qui veulent faire sursauter la Croisette à une heure du matin. Marion Le Corroller y avait remercié ceux qui avaient survécu à la projection, ses parents compris.
Puisque Sanguine marche dans les traces de Coralie Fargeat, voici le film qui a relancé le body horror à la française.
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Alors, est-ce que ça tient la route ? En partie. L’idée de départ est forte, et l’hôpital, avec ses couloirs et ses bandes rouges peintes sur les murs, installe une ambiance qui marche. Le film parle d’un vrai sujet, celui de jeunes adultes qu’on presse comme des citrons jusqu’à ce que le corps lâche. Difficile de faire plus actuel.
Le souci, c’est que la mécanique du genre finit par dépasser le propos. Les effets de maquillage, les pustules et les transformations ne sont pas toujours à la hauteur de l’ambition, et Sanguine n’a pas tout à fait l’impertinence mordante qui faisait mouche chez Fargeat. On sent un budget plus modeste, et une réalisatrice qui perd un peu pied, comme son personnage, au moment d’assumer le gore jusqu’au bout. La toute fin, elle, se rattrape avec une pointe d’humour vraiment bienvenue.
Pour qui aime le cinéma de genre qui gratte là où ça fait mal, ça vaut le détour, à condition de ne pas attendre un nouveau choc à la Titane. C’est une première œuvre imparfaite, mais qui a quelque chose à dire. Et par les temps qui courent, une horreur française qui parle de nos vies plutôt que de monstres venus d’ailleurs, c’est déjà pas si courant.
Crédit photo : ARP Sélection





