Culture

Roger Gastman déballe 3 600 m² de graffiti à La Villette, et le street art y respire enfin

posted by Vincent 28 juillet 2026
Affiche de l'exposition Beyond the Streets a la Grande Halle de la Villette : deux passageres dans une rame de metro new-yorkais couverte de graffitis

La Grande Halle de la Villette a été vidée, repeinte, taguée, et transformée en terrain de jeu géant pour « Beyond the Streets », l’expo qui retrace l’histoire du graffiti et du street art jusqu’au 30 août.

3 600 mètres carrés. C’est immense, et c’est tant mieux, parce que le sujet déteste les petites salles feutrées où l’on chuchote devant un cartel.

Aux commandes, Roger Gastman. Le nom ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez son travail : c’est lui qui a produit « Exit Through the Gift Shop », le film-canular de Banksy, et lui encore qui avait monté « Art in the Streets » à Los Angeles, l’expo qui a fait entrer la bombe aérosol dans un vrai musée. Autant dire qu’il connaît le terrain.

Plus d’une centaine d’artistes défilent, de FUTURA 2000 à JR, en passant par Shepard Fairey, JonOne ou le Portugais Vhils qui sculpte les façades au burin. La scène française n’est pas reléguée au fond de la salle : une douzaine de noms hexagonaux sont mis en avant, JR en tête.

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Ce qui change, ici, c’est le parti pris. On ne se contente pas d’accrocher des toiles au mur. Il y a des archives, des reconstitutions, des installations immersives fabriquées exprès pour Paris. L’idée, c’est de restituer le contexte : la rue, la nuit, l’illégalité, la musique, la mode, le militantisme. Le graffiti n’a jamais été qu’une affaire d’esthétique, et l’expo le rappelle sans en faire des tonnes.

Après New York, Shanghai et Londres, « Beyond the Streets » pose donc ses cartons à Paris. La ville s’y prête, forcément, elle qui a vu grandir une bonne partie de la culture graffiti européenne.

On pourrait tiquer sur le paradoxe : mettre sous verre un art né pour rester dehors, gratuit, éphémère. C’est le vieux débat, et il est légitime. Sauf que voilà, à choisir entre un mur effacé par la mairie dans la semaine et une salle qui en garde la trace, le second n’est pas le pire des sorts.

Comptez une bonne heure et demie sur place, davantage si vous lisez les cartels. C’est familial, bruyant, coloré, à des années-lumière du recueillement habituel des musées. Et pour une fois qu’on peut emmener des ados voir une expo sans les entendre soupirer, on ne va pas bouder.

Crédit photo : Beyond the Streets / La Villette

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