
Depuis le 20 juin, le Petit Palais accueille des invités qui n’ont pas vraiment l’habitude des musées des Beaux-Arts : 75 artistes urbains, venus accrocher leurs œuvres au beau milieu des collections permanentes.
L’exposition s’appelle « We are (still) here », et c’est la suite d’une première édition organisée en 2024. Le principe n’a pas changé : faire dialoguer l’art de la rue avec les ors, les moulures et les peintures Belle Époque du lieu. Près de 200 œuvres sont disséminées un peu partout, parfois là où on ne les attend pas du tout.
Le casting fait plaisir à voir. Côté français, on croise Invader et ses mosaïques de pixels, eL Seed et sa calligraphie arabe monumentale, mais aussi L’Atlas, Jace ou Seth. Côté international, des pointures comme Shepard Fairey, l’homme derrière le fameux portrait « Hope » de Barack Obama, Swoon, D*Face ou Tristan Eaton. Une bonne partie de ce qui se fait de mieux dans le genre, en somme.
Le clou du spectacle, c’est la salle Concorde. Les œuvres y sont accrochées côte à côte, du sol au plafond, à la manière des salons du XIXe siècle. Sauf qu’au lieu de portraits poudrés, vous avez du pochoir, du collage et de l’aérosol. Le contraste avec l’architecture du bâtiment fait tout le sel de la visite.
Pour prolonger ce dialogue entre art urbain et histoire de l’art, ce beau livre tombe à pic :
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Ce que je trouve malin, c’est l’idée de ne pas parquer ces artistes dans une aile à part. On tombe sur une pièce d’art urbain en pleine collection classique, et ça oblige à regarder les deux autrement. L’art de la rue gagne une légitimité de musée, et le musée se dépoussière un peu au passage.
Il faut quand même tempérer. Sortir le street art de la rue pour l’accrocher proprement sous cadre, c’est lui retirer une partie de ce qui faisait sa force : l’illégalité, l’éphémère, le mur qu’on ne choisit pas. Ici tout est sage, propre, validé par l’institution. Les puristes grinceront des dents, et ils n’auront pas complètement tort.
Reste que l’occasion est trop belle. C’est gratuit, c’est en plein centre de Paris, et ça tient jusqu’au 20 septembre. De quoi occuper un après-midi d’été sans débourser un centime, ce qui par les temps qui courent n’est pas rien.
Si vous passez par là, prenez votre temps dans la salle Concorde. C’est là que tout se joue.
Crédit photo : Paris ZigZag





