
Michel Leclerc, qu’on connaissait plutôt pour ses comédies contemporaines un peu malicieuses, change complètement de registre et nous emmène en 1651. Son nouveau film, Les Caprices de l’Enfant Roi, est sorti le 24 juin et c’est un objet curieux : un film de cape et d’épée assumé, qui ressuscite l’esprit des grandes comédies en costumes de Philippe de Broca ou de Jean-Paul Rappeneau.
Le pitch tient sur un coin de table mais il est savoureux. Le jeune Louis, futur Louis XIV, n’est encore qu’un gamin. La Fronde gronde, Paris est dangereux, alors sa mère Anne d’Autriche décide de l’exfiltrer et de le remplacer par un sosie. On confie le vrai prince à d’Artagnan, qui le case dans une troupe de théâtre où traîne un certain Molière. Et c’est là, au milieu des comédiens, que le futur Roi-Soleil va apprendre la vie, l’art et un peu de courage.
Le casting fait beaucoup pour le plaisir qu’on y prend. Franck Dubosc en d’Artagnan vieillissant est à la fois drôle et touchant, et il prouve une nouvelle fois qu’il vaut bien mieux que sa réputation. Mais la vraie surprise, c’est Artus en Cyrano de Bergerac, un Cyrano un peu débordé par ses propres histoires de cœur, qui s’amuse à détourner le mythe sans le trahir. Doria Tillier campe une Anne d’Autriche pleine de nerf, et Julia Piaton complète une distribution qui visiblement s’est régalée.
Envie de prolonger la cavalcade en costumes ? Le roman d’Alexandre Dumas qui a fait de d’Artagnan une légende reste un plaisir intact.
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Alors est-ce que ça marche ? À moitié. Le film est généreux, enlevé, plein de dialogues qui piquent et de clins d’œil contemporains glissés dans le grand siècle. C’est exactement le genre de divertissement familial qu’on aime sortir l’été. Sauf que Michel Leclerc reste un peu coincé entre deux chaises : il voudrait le rythme du film d’aventure et garder sa patte d’auteur, et du coup il ne va jamais tout à fait au bout de ses gags. On rit, mais on se dit souvent que ça aurait pu être franchement plus drôle.
Reste un spectacle solaire, bien troussé, parfait pour une séance sans prise de tête avec des ados ou des parents. Ne cherchez pas le chef-d’œuvre, cherchez le plaisir simple d’une cavalcade en costumes. Sur ce terrain-là, le contrat est rempli.
Crédit photo : AlloCiné / distributeur





