Culture

Le réalisateur d’It Follows lâche des dinosaures dans une banlieue des années 80, et le résultat est plus malin qu’il n’en a l’air

posted by Vincent 15 août 2026
Affiche de La Fin d'Oak Street avec Anne Hathaway et Ewan McGregor fuyant un dinosaure

David Robert Mitchell, on le connaissait surtout pour It Follows, ce film d’horreur de 2014 où une malédiction se transmettait un peu comme une maladie et vous suivait, lentement, au pas. Dix ans plus tard le revoilà avec un projet autrement plus gros. La Fin d’Oak Street est en salles depuis le 12 août, Warner distribue, J.J. Abrams produit, et à l’affiche vous avez Anne Hathaway et Ewan McGregor. Rien que ça.

Le pitch tient sur un ticket de caisse. Une banlieue résidentielle américaine, quelque part dans les années 80. Un matin, un phénomène cosmique inexplicable arrache le quartier entier, maisons et habitants compris, pour le déposer ailleurs. Et cet ailleurs est peuplé de dinosaures. La famille Platt, elle, doit surtout rester soudée si elle veut ne pas finir au menu.

Sur le papier ça sent le blockbuster de plage. Sauf que Mitchell n’a pas rangé toute sa panoplie. On retrouve cette façon d’installer une menace lente, de filmer le pavillon le plus banal comme un piège, cette angoisse de banlieue qui faisait déjà tout le sel d’It Follows. Plusieurs séquences de suspense sont vraiment bien tenues, avec ce qu’il faut d’humour noir pour ne jamais se prendre trop au sérieux.

Le film assume d’ailleurs son côté grand spectacle. On pense forcément à Jurassic Park, version pavillonnaire, avec le chien et les gamins à sauver. Hathaway et McGregor s’amusent visiblement dans ce registre de parents ordinaires débordés par l’apocalypse, et c’est communicatif.

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Le problème, c’est que ça tourne un peu en rond. La dernière ligne droite déçoit, la presse le pointe presque unanimement, et on sent bien la tension entre deux films qui cohabitent mal. Celui qui veut plaire aux amateurs de cinéma d’auteur, et celui qui vise le samedi soir familial. Mitchell hésite, et son long métrage avec lui.

Résultat, la presse s’en tire sur un petit 3,1 sur 5, les spectateurs à peine en dessous. Rien d’infamant, rien de mémorable non plus.

Alors on y va ou pas ? Si vous cherchez un divertissement de fin d’été bien troussé, avec une vraie signature derrière la caméra et deux acteurs qui jouent le jeu, foncez sans trop réfléchir. N’attendez pas le film de dinosaures de la décennie, attendez un bon Mitchell mineur. Ce qui, pour un mois d’août, reste une jolie affaire.

Crédit photo : Warner Bros. France

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