Culture

Brandon Flowers range le synthé des Killers et sort un vrai disque country, et Thrasher lui va bien mieux qu’on l’aurait cru

posted by Vincent 22 août 2026
Pochette de l'album Thrasher de Brandon Flowers : le chanteur en chemise à franges, en noir et blanc

On connaissait Brandon Flowers en chanteur à néons, cheveux gominés et refrains taillés pour les stades. Le voilà en chemise à franges, harmonica et pedal steel. Thrasher, sorti vendredi 21 août chez Island, c’est son premier album solo depuis plus de dix ans, et surtout son premier vrai virage vers la country western de son enfance dans l’Utah.

Le déclic est presque banal. Dans un entretien à Rolling Stone, Flowers raconte qu’il a sérieusement pensé à tout arrêter. Plus d’envie, plus de feu. Et puis, plutôt que de raccrocher, il est parti à Nashville faire exactement le disque qu’il n’avait jamais osé faire.

L’enregistrement s’est fait au Historic RCA Studio A, le studio où Dolly Parton et Waylon Jennings ont posé leur voix. Flowers ne s’est pas contenté du décor, il a fait venir du beau monde : David Rawlings à la guitare, Bruce Bouton à la pedal steel, et Charlie McCoy à l’harmonica, une légende qui a joué sur les disques de Bob Dylan à Nashville dans les années 60. Autant dire que la caution country n’est pas un déguisement.

Aux manettes, Shawn Everett et Jonathan Rado, deux producteurs qui savent donner du grain sans virer au pastiche. Dix titres, quarante-deux minutes. Rien de gonflé, pas de remplissage.

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Sur le fond, Flowers revient à ses souvenirs de gamin mormon dans une petite ville de l’Utah, la famille, les paysages, une Amérique de province qu’il regardait déjà de loin quand il chantait Mr. Brightside. Ce n’est pas un renoncement à ce qu’il était, c’est plutôt le prolongement logique des morceaux les plus champêtres de Flamingo, son album de 2010. Sauf que cette fois il y va franchement, sans se cacher derrière la pop.

Est-ce que ça marche ? Plutôt bien, oui. La voix, toujours ce vibrato un peu théâtral, se marie étonnamment bien avec les guitares sèches. On sent un type qui n’a rien à prouver et qui s’amuse enfin. Les puristes de la country tiqueront peut-être devant tant de sincérité affichée, et les fans des Killers venus chercher un tube risquent de rester sur leur faim.

Pour tout le monde, c’est un disque qui se savoure tranquillement, un soir, sans rien attendre de précis. Et c’est peut-être ça, le plus beau compliment qu’on puisse lui faire.

Crédit photo : Island Records

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