Culture

Un prof d’histoire fuit Port-au-Prince en flammes et traverse douze pays : C’était ça ou mourir est le grand roman de la rentrée

posted by Vincent 5 septembre 2026
Couverture du roman C'etait ca ou mourir de Thelyson Orelien (Grasset)

Il y a des premiers romans qui sortent en silence, et d’autres qui débarquent précédés d’une réputation énorme. Celui-là est clairement du second genre. Thélyson Orélien, 37 ans, poète québécois né en Haïti, publie chez Grasset son tout premier livre, et déjà les droits sont partis dans vingt-trois pays. Au Québec, où il a paru d’abord au Boréal, c’est carrément le plus gros succès de la maison depuis 1963. Rien que ça.

L’histoire, c’est celle de Jonas Dorléon. Un professeur d’histoire-géo de Port-au-Prince qui voit son quartier partir en flammes lors d’une attaque de gang. Il attrape trois choses, un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère, et il part. Commence alors un périple à travers douze pays, la République dominicaine, le Brésil, le Mexique, la jungle du Darién entre la Colombie et le Panama, cet enfer qu’on traverse à pied et dont beaucoup ne reviennent pas. Objectif, le Canada. Sur la route, les États-Unis et leurs portes closes.

Sur le papier, on pourrait craindre le énième récit de migration qui nous prend par les sentiments. Sauf que voilà, ce n’est pas du tout ça. Orélien n’écrit pas un dossier de presse en 272 pages. Il invente une langue à lui, un français qui vibre, se créolise, se mélange à d’autres langues au fil des frontières. Il le dit d’ailleurs très bien : une langue d’exil qui s’apprend sans grammaire ni dictionnaire, juste avec les os et la peau. Et son Jonas n’est jamais une victime abstraite. C’est une figure presque théâtrale, drôle par moments, d’une vitalité qui tient debout même dans la boue.

C'etait ca ou mourir

Le premier roman de Thelyson Orelien, le phenomene de la rentree, a lire cet automne :

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C’est là que le livre gagne tout. Il transforme une abstraction, la migration, ce mot qu’on entend cent fois par jour aux infos sans plus rien sentir, en une expérience physique, charnelle, qui vous colle à la peau. La critique parle d’un roman nécessaire, et pour une fois le mot n’est pas galvaudé.

Faut-il le lire ? Oui, franchement. Ce n’est pas toujours confortable, et tant mieux. Orélien est déjà donné candidat sérieux pour la saison des prix, et on comprend vite pourquoi. Autour de 20 euros, c’est sans doute le livre dont on parlera le plus cet automne. Ne passez pas à côté.

Crédit photo : Grasset

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