Culture

Ellie Goulding range la boule à facettes et signe avec I Know Too Much l’album le plus à nu de sa carrière

posted by Vincent 4 septembre 2026
Pochette de l'album I Know Too Much d'Ellie Goulding

Ellie Goulding a passé une décennie à faire danser les festivals. Là, elle éteint la lumière.

I Know Too Much, son sixième album, est sorti ce 4 septembre chez Polydor, et c’est le disque le plus dépouillé qu’elle ait signé depuis ses débuts. Fini l’euphorie de dancefloor calibrée pour les radios, les gros refrains qu’on braille en festival. À la place, dix chansons plutôt courtes qui parlent de jalousie, de ruptures qui laissent des traces, de ces histoires où on sait pertinemment qu’on ferait mieux de partir mais où on reste quand même.

Le titre dit d’ailleurs tout. « J’en sais trop » : trop sur l’autre, trop sur soi, trop pour continuer à faire semblant.

Elle a préparé le terrain depuis le printemps. Black Prada Dress a ouvert le bal en juin, suivi de 4 Seasons fin juillet, puis de Ravers début août. Trois singles qui montraient déjà le virage, avec moins de synthés triomphants et davantage de guitares un peu moites, une voix mise à nu. Sur Always Think of You ou Misremember You, elle chante carrément par-dessus des accords mélancoliques, à des kilomètres du Ellie Goulding de Lights ou de Love Me Like You Do.

À 39 ans, elle assume donc de ralentir. Et c’est là que ça se complique un peu.

Ellie Goulding - I Know Too Much

L’album dont on parle, à écouter en entier :

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La critique n’est pas tombée d’accord. AllMusic salue « un retour rafraîchissant à son écriture introspective », avec une vraie variété de styles et ce qui ressemble à un disque qui durera. Slant se montre nettement plus réservé, reconnaissant une idée centrale plus solide mais reprochant à la production de se battre parfois avec le propos, d’appuyer là où il aurait fallu laisser respirer.

Les deux ont raison, en fait. Il y a de très beaux moments, une sincérité qu’on ne lui connaissait pas vraiment sous cette forme, et quelques titres qui retombent dans le confort d’une pop propre sur elle, sans grand relief.

Pour qui, alors ? Pour ceux qui l’ont suivie depuis Halcyon et qui avaient un peu décroché pendant sa période tubes formatés. Ceux-là vont retrouver quelque chose. Les autres, ceux qui l’aimaient justement pour ses bangers, risquent de trouver le tout un brin sage.

Il reste une chanteuse qui, à mi-carrière, préfère raconter ses cicatrices plutôt que remplir des stades. C’est courageux. Et souvent, ça suffit largement.

Crédit photo : Polydor Records

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