Culture

Un prof débarque dans un village où l’on vient chaque semaine enlacer un ado qui absorbe la douleur des autres : The Holy Boy est le film le plus dérangeant de la rentrée

posted by Vincent 4 septembre 2026
Affiche du film The Holy Boy de Paolo Strippoli, une silhouette de dos face à une vallée brumeuse

Sergio est prof d’EPS. Il arrive dans un village de montagne italien, le genre d’endroit trop calme pour être honnête, avec un passé qu’il traîne comme un sac trop lourd. Et là, il tombe sur le secret du coin.

Une nuit par semaine, les habitants se réunissent pour venir enlacer Matteo, un adolescent capable d’absorber la douleur des autres. Vous serrez le gamin dans vos bras, il prend votre chagrin, vous repartez léger. Sauf que ça se paie, forcément.

Voilà le point de départ de The Holy Boy, sorti en salles le 2 septembre. Le titre original, La valle dei sorrisi, la vallée des sourires, dit déjà tout du malaise : ici tout le monde va bien, un peu trop bien.

Derrière la caméra, Paolo Strippoli, un réalisateur italien qu’on n’attendait pas si haut. Il avait déjà tâté du cinéma de genre, mais là il passe clairement un cap. Le film a été présenté à la Mostra de Venise l’an dernier, hors compétition, avant de bien marcher dans les salles italiennes. Il débarque enfin chez nous, un an plus tard, avec ses 2h02 au compteur.

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À l’écran, Michele Riondino campe ce prof hanté, face à la jeune Romana Maggiora Vergano, l’un des jolis visages du cinéma italien du moment. La montagne, elle, joue son propre rôle : brumes, forêts, chalets, une nature qui semble surveiller tout le monde.

Ce qui m’a scotché, c’est que Strippoli évite le film paresseux qu’on redoutait, celui qui oppose bêtement les traditions arriérées du village au type moderne venu de la ville. Son vrai sujet, c’est la façon dont une communauté s’organise pour faire circuler la souffrance, se la refiler et continuer à sourire. C’est du folk horror, cette famille de films où le folklore rural vire au cauchemar, mais un folk horror qui pense.

L’angoisse ne vient pas de sursauts faciles. Elle monte doucement, par les respirations, les silences, les cadres millimétrés. On finit par comprendre que le vrai monstre, c’est peut-être notre besoin de croire à une belle histoire pour supporter la perte.

Alors oui, le film demande un peu de patience, et il ne fera pas l’unanimité. Mais si vous aimez le cinéma de genre qui gratte au lieu de faire crier, celui-là vaut vraiment le détour. Un des trucs les plus troublants de cette rentrée, et pas seulement au rayon frissons.

Crédit photo : AlloCiné

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