
Il y a des groupes qu’on croit rangés au rayon des années 2000, coincés entre deux compilations de festival. Kasabian n’a jamais vraiment quitté la scène, et le voilà qui sort Act III, son neuvième album, ce 4 septembre.
Le titre n’a rien d’anodin. Depuis The Alchemist’s Euphoria en 2022, puis Happenings en 2024, le groupe de Leicester construit une sorte de mini-opéra en trois temps. Act III, c’est le dernier acte, celui où tout se résout. Serge Pizzorno le dit lui-même : dans les grandes histoires, le troisième acte est le moment où les choses se recollent.
Il faut rappeler d’où vient ce Kasabian-là. En 2020, Tom Meighan, la voix du groupe, quitte le navire. Pizzorno, qui écrivait déjà à peu près tout, passe devant le micro. On pouvait redouter le pire. Sauf que voilà, l’homme a tenu la baraque, et il assume aujourd’hui un disque qui parle ouvertement du syndrome de l’imposteur. Pas comme d’une faiblesse, plutôt comme d’un carburant. « Même les plus grands, on bluffe tous un peu », lâche-t-il. Venant d’un type qui remplit Finsbury Park devant 45 000 personnes cet été, c’est presque touchant.
En attendant de trouver Act III en bac, le volet precedent de la trilogie, Happenings, est deja dispo en vinyle.
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Musicalement, le virage est net. Après des années à flirter avec l’électro et les rythmiques de dancefloor, Pizzorno rebranche les guitares. Dix morceaux, trois interludes, une pop psychédélique traversée de riffs bien gras. Les singles Great Pretender et Superpowers donnent le ton : ça cogne, ça brille, ça ne cherche pas midi à quatorze heures. Un morceau, raconte-t-il, s’est écrit en dix minutes. On sent ce genre de spontanéité un peu partout.
Est-ce le grand disque de leur carrière ? Probablement pas, et ce n’est pas le sujet. Kasabian n’a jamais visé la révolution. Le groupe fait ce qu’il sait faire mieux que personne : des hymnes pensés pour être hurlés en plein air, une main sur le cœur et l’autre en l’air. Act III coche les cases sans jamais se prendre au sérieux.
Pour qui c’est ? Pour ceux qui gardent un faible pour le rock anglais fanfaron, celui qui ne s’excuse pas d’exister. Si vous les aviez perdus de vue, c’est le bon moment pour recoller. Et si vous ne les avez jamais lâchés, vous savez déjà que vous allez l’écouter en boucle.
Crédit photo : Kasabian / Sony Music





