
Vincent Fenton sort Tyber le 11 septembre, et pour ceux qui l’ignorent encore, ce garçon de Tours fait partie des rares musiciens capables d’enregistrer un morceau entier tout seul, en empilant ses boucles en direct devant vous.
On le connaît sous le nom de FKJ, pour French Kiwi Juice, contraction de sa double origine (mère française, père néo-zélandais). À 36 ans, il joue du clavier, de la guitare, de la basse, de la batterie, du saxophone et même de la contrebasse, souvent dans le même titre. C’est sa marque de fabrique depuis « Tadow », cette impro avec Masego devenue virale en 2017 et qui compte aujourd’hui des centaines de millions d’écoutes.
Tyber, c’est son premier vrai album depuis Vincent en 2022. Douze titres, trente-six minutes, pas une seconde de trop. Il l’a écrit un peu partout sur la planète, entre deux tournées, et ça s’entend dans le mélange : du funk, de la nu-soul, du R&B, des instrumentaux plus jazz et quelques échappées carrément psychédéliques. Le fil rouge, cette fois, tourne autour de l’équilibre et du soin qu’on se porte à soi-même. Sujet casse-gueule s’il en est, mais FKJ a toujours eu ce don de rendre l’introspection dansante.
En attendant Tyber, son album precedent reste la meilleure porte d’entree dans l’univers de FKJ :
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Ce qui change, c’est la liste des invités. Là où il bricolait longtemps tout seul dans son coin, il ouvre grand la porte : Labrinth, Baby Rose, Bas, Eryn Allen Kane. Le nom de Labrinth, surtout, intrigue, lui qui a signé les nappes hypnotiques de la série Euphoria. Sur le papier, le mariage entre son groove chaleureux et ces voix soul a de quoi faire.
Alors oui, il y a un risque, et il faut le dire. FKJ flirte parfois avec le trop lisse, cette musique parfaite pour un café branché mais qui finit par ronronner. On lui reproche depuis toujours ce petit côté lounge un peu confortable. Reste que ses meilleurs moments, quand il lâche vraiment le sax ou qu’il laisse une prod respirer, touchent une corde que peu d’artistes atteignent aujourd’hui.
Pour se faire une idée avant le 11, il suffit de retomber sur une de ses sessions live filmées, celles où il enchaîne les instruments seul face caméra. C’est là qu’on comprend le personnage, bien plus que sur n’importe quelle fiche promo. Et si Tyber tient ne serait-ce que la moitié de cette promesse, la rentrée aura son disque doudou.
Crédit photo : French Kiwi Juice / Bandcamp





