Culture

Le Vertige : Quentin Dupieux nous met dans la tête d’un type persuadé qu’on vit dans une simulation

posted by Vincent 24 juin 2026
Affiche du film Le Vertige de Quentin Dupieux, animation 3D au style PlayStation, avec Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anais Demoustier

Quentin Dupieux sort un film toutes les six semaines ou presque, et à chaque fois on se demande dans quelle direction il va encore partir. Cette fois, c’est la plus radicale de toutes. Le Vertige, en salles depuis le 10 juin, est son premier film d’animation. Et croyez-moi, ça ne ressemble à rien de ce que vous avez vu cette année.

Le point de départ tient en une phrase. Jacky, joué par Alain Chabat, annonce à son ami Bruno, joué par Jonathan Cohen, que le monde n’est qu’une gigantesque simulation. À partir de là, il se met en tête de le prouver. Il traque les bugs, les incohérences, les petits ratés du décor, persuadé qu’il finira par coincer le programme qui nous fait tourner. Vous voyez le genre : le copain complotiste de fin de soirée, sauf qu’ici on reste collé à son délire pendant 67 minutes.

La grande affaire du film, c’est sa forme. Dupieux a tourné en prises de vues réelles avec de la capture de mouvement, puis a tout transformé en 3D sous Blender, le logiciel gratuit. Le résultat est volontairement moche, anguleux, avec cette texture des tout premiers jeux de l’ère PlayStation. C’est exactement le but : si le monde est une simulation, autant qu’elle ait l’air d’une vieille console qui rame. L’idée est maligne, et visuellement on n’a vraiment jamais vu ça en salle.

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Présenté en clôture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes, le film y a décroché le prix du public. Chabat et Cohen sont parfaits dans ce duo de types paumés qui doutent de tout, y compris de leur propre existence.

Alors est-ce que ça marche de bout en bout ? Pas tout à fait. Le film est gris, un peu terne, et la mécanique tourne parfois à vide. On rit moins qu’on ne réfléchit, et l’exercice finit par devenir très méta, presque trop cérébral pour son propre bien. Ceux qui attendent un Dupieux franchement comique, façon Le Daron ou Yannick, risquent de rester sur le seuil.

Mais pour qui aime se faire secouer les certitudes, c’est une drôle d’expérience. Soixante-sept minutes, pas une de trop, et ce doute qui vous suit en sortant de la salle. À voir surtout si l’idée d’un Descartes en survêtement, version PlayStation 1, vous amuse autant qu’elle m’intrigue.

Crédit photo : Chi-Fou-Mi Productions / Diaphana (AlloCine)

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