Culture

Le biopic de Michael Jackson bat tous les records en France, et il y arrive en s’arrêtant pile avant les ennuis

posted by Vincent 19 juillet 2026
Affiche du film Michael, biopic de Michael Jackson, avec Jaafar Jackson en veste rouge

Il fallait oser sortir un film sur Michael Jackson en 2026 sans jamais aborder ce qui fâche. C’est pourtant ce que fait Michael, signé Antoine Fuqua, et ça n’a pas empêché près de cinq millions et demi de Français d’aller le voir. Le film est resté six semaines de suite en tête du box-office et il a détrôné La Môme comme plus gros biopic musical jamais sorti chez nous. Un carton, donc.

Le rôle-titre revient à Jaafar Jackson, le propre neveu du chanteur, et c’est franchement la bonne pioche du projet. Le gamin a le déhanché, le timbre, cette manière de basculer d’un ado timide à une bête de scène dès que la musique démarre. Colman Domingo campe un Joseph Jackson père fouettard glaçant, Miles Teller joue l’avocat maison John Branca. Visuellement, quand ça danse, ça fonctionne : Fuqua sait filmer un concert, et les reconstitutions de la Motown ou du Bad World Tour de 1988 ont vraiment de la gueule.

Sauf que voilà. Le scénario, lui, se traîne. La critique internationale a été polie mais glaciale, un misérable 38 % côté presse quand le public affiche 97 %. On a parlé de téléfilm de l’après-midi, et le reproche est mérité : le récit enchaîne les tubes et les moments attendus sans jamais creuser quoi que ce soit. Deux heures et sept minutes qui filent sans qu’on apprenne grand-chose sur l’homme.

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Le film s’arrete pile a l’apogee de 1988. Pour reecouter le Michael Jackson d’avant les ennuis, l’album qui a tout change reste une valeur sure :

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Et puis il y a tout ce que le film choisit de ne pas montrer. Michael est produit par les héritiers, cette fameuse estate qui contrôle l’image du chanteur au centime près. Résultat, le récit s’arrête soigneusement en 1988, juste avant les premières accusations d’abus sur mineurs, avant les procès, avant Leaving Neverland. Zéro zone d’ombre. C’est une hagiographie assumée, un objet sous tutelle familiale qui range le mythe et jette le reste.

Alors on en fait quoi ? Si vous venez pour la musique, pour revoir un môme surdoué électriser une salle, vous passerez un bon moment, et des millions de gens ont visiblement voté dans ce sens. Si vous espériez comprendre le personnage, ses failles, sa part d’ombre, passez votre chemin, ce film-là n’existe pas et ne voulait pas exister. Michael, c’est le concert. Pas l’enquête.

Crédit photo : Lionsgate

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