
Il y a des groupes dont on redoute le disque de la maturité. Celui où ils troquent la fureur de leurs débuts contre des claviers et des grandes nappes brumeuses. Fontaines D.C. vient précisément de franchir ce cap avec Dopamine Chamber, sorti le 16 octobre, et la bonne surprise, c’est que le pari tient.
Un mot sur le groupe, au cas où. Ces cinq-là viennent de Dublin, ils ont commencé en balançant un post-punk nerveux et littéraire qui leur a valu une réputation de meilleur groupe de rock de leur génération. Leur précédent album, Romance, en 2024, avait déjà élargi la palette et décroché deux nominations aux Grammy. Autant dire qu’on les attendait au tournant.
Et le tournant, le voilà. Dopamine Chamber, c’est leur cinquième disque, et les guitares qui grattaient dans le rouge ont largement cédé la place aux synthétiseurs, aux basses rondes et à une production glacée qui lorgne franchement du côté des années 80. On pense à Depeche Mode, on pense au trip-hop poisseux de Massive Attack. Grian Chatten chante toujours comme un type qui vous raconte ses angoisses à trois heures du matin, sauf que cette fois le décor est plus froid, plus urbain, presque dystopique.
Envie de l’écouter en entier et de vous faire votre propre avis ? L’album est dispo en CD et en vinyle.
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Alors oui, ça va diviser. Les puristes qui aimaient le groupe pour ses coups de poing vont trouver l’ensemble trop lisse, trop appliqué. J’ai lu des critiques qui parlent d’un disque un peu froid, et je comprends l’argument. Mais bon, à l’écoute, c’est quand même autre chose qu’un simple relooking électronique. Il y a une vraie tristesse qui traverse ces chansons, une mélancolie assumée qui donne au disque son unité.
La presse ne s’y est pas trompée, d’ailleurs : l’accueil est largement positif, avec une moyenne qui place Dopamine Chamber parmi les sorties les plus saluées de l’automne. Pas l’enthousiasme unanime, mais ce genre de respect prudent qu’on réserve aux groupes qui osent se saboter un peu pour avancer.
Pour qui ? Pour celles et ceux qui aiment quand un groupe refuse de se répéter, et qui préfèrent un virage risqué à un cinquième album photocopié du précédent. Si vous découvrez Fontaines D.C. par celui-ci, commencez plutôt par Romance pour comprendre d’où ils viennent. Et revenez ensuite à Dopamine Chamber. Il se mérite, mais il récompense.
Crédit photo : XL Recordings





