
Les grandes vacances ont ce petit côté retrouvailles tribales. On entasse les cousins dans la même maison, on ressort les jeux de société, et l’on observe la marmaille évoluer ensemble pendant des semaines entières.
Sauf que ce joyeux capharnaüm cache un piège bien connu des parents : la comparaison. Untel parle déjà trois langues, l’autre nage comme un poisson, et voilà qu’on se surprend à mesurer son propre enfant à l’aune du cousin modèle.
Le réflexe part souvent d’une bonne intention. On veut motiver, encourager, pousser un peu. Mais l’enfant, lui, n’entend qu’une chose : il ne fait pas le poids face à son cousin.
Les psychologues sont assez clairs sur le sujet. Comparer, même gentiment, abîme l’estime de soi et installe une rivalité qui n’a aucune raison d’exister entre des gamins qui devraient surtout s’amuser.
Le premier conseil tient en une phrase : surveiller son propre langage. Les petites remarques lancées à table, du genre « regarde comme ta cousine mange bien », pèsent plus lourd qu’on ne l’imagine.
Mieux vaut valoriser chaque enfant pour ce qu’il est. L’un est timide mais incroyablement attentif aux autres, l’autre déborde d’énergie mais peine à se concentrer. Ces différences ne sont pas une hiérarchie, juste des tempéraments.
Il y a aussi un travail à faire entre adultes. Les comparaisons naissent souvent d’une rivalité larvée entre parents, voire entre frères et sœurs devenus grands. Les enfants ne font alors que rejouer une partition qu’on leur tend.
Une autre piste consiste à miser sur la coopération plutôt que sur la compétition. Plutôt que de désigner qui court le plus vite, on propose des jeux où tout le monde gagne ensemble, ce qui désamorce naturellement les classements.
Et puis il faut accepter de lâcher du lest. Les vacances ne sont pas un concours de performances, et l’été reste avant tout un temps de liberté, de bêtises partagées et d’ennui créatif.
Ce qui frappe, c’est à quel point cette vigilance profite aussi aux adultes. En cessant de jauger les enfants, on apprend soi-même à relâcher la pression et à savourer le moment présent.
Au final, le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à ces cousins réunis, c’est peut-être de leur ficher la paix. De les laisser construire leurs souvenirs sans qu’un palmarès invisible ne vienne gâcher la fête.
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