
On l’attendait au tournant, forcément. Quand on s’appelle Grohl, qu’on est la fille du batteur de Nirvana devenu patron des Foo Fighters, le premier album solo ressemble à un piège. Violet Grohl, 23 ans, a choisi de ne rien esquiver. Be Sweet To Me, paru fin mai, assume le nom de famille et tout le poids qui va avec.
Onze titres enregistrés entre 2024 et 2025 chez le producteur Justin Raisen, à Los Angeles. Le résultat n’a pourtant pas grand-chose à voir avec le rock de stade de papa. Violet va piocher ailleurs, du côté des Pixies, de Soundgarden, des Cocteau Twins et surtout des Breeders. En clair : le rock alternatif de la fin des années 80 et du début des années 90, celui d’avant la grande célébrité de son père.
Et ça lui réussit. L’album alterne les décharges d’alt-rock un peu rageuses et des plages plus brumeuses, presque cotonneuses, qui lorgnent vers le shoegaze. Sa voix tient les deux registres sans forcer, ce qui n’allait pas de soi pour des débuts. On sent une vraie idée derrière le disque, pas juste une héritière qui rejoue les classiques de la maison.
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La presse a suivi. Score de 77 sur Metacritic, plusieurs 8 sur 10 chez Clash, Exclaim! ou The Line of Best Fit, un 4 sur 5 chez Kerrang!. Le Guardian, plus réservé, salue le talent mais réclame des crocs plus acérés. Paste, lui, trouve que les influences la portent encore un peu trop, au lieu de l’inverse. Reproche classique pour un premier essai, et plutôt bon signe : ça veut dire qu’on attend déjà la suite.
Reste la question que tout le monde se pose. Aurait-elle eu droit à un tel accueil sans le patronyme ? Sans doute pas aussi vite. Mais l’album tient debout tout seul, et c’est bien là l’essentiel. Violet ne cherche pas à effacer son père, elle compose simplement à côté, avec ses propres références et son propre grain.
À recommander si vous avez grandi avec les guitares saturées des nineties, ou si vous voulez entendre une jeune artiste se débattre joliment avec une ombre énorme. On ne tient peut-être pas encore le grand disque de sa génération, mais on tient une vraie chanteuse, et une promesse qui ne demande qu’à grandir.
Crédit photo : Aurora / Republic Records





