Culture

Avant d’être un phénomène, Chris Whitaker écrivait déjà ce roman, et La lumière qui nous reste arrive enfin en France

posted by Vincent 28 octobre 2026
Couverture du roman La lumière qui nous reste de Chris Whitaker, éditions Sonatine

Chris Whitaker, vous le connaissez peut-être depuis Toutes les nuances de la nuit, qui a fait un carton l’an dernier. Sauf que le voilà qui ressort un texte bien plus ancien : La lumière qui nous reste, paru chez Sonatine le 1er octobre, est en réalité un roman qu’il avait publié en anglais dès 2017, à une époque où presque personne ne le lisait. Autant vous le dire tout de suite, c’est une excellente nouvelle qu’on le traduise aujourd’hui.

L’histoire se passe à Grace, petite ville d’Alabama où la grâce a visiblement plié bagage depuis longtemps. Cinq adolescentes ont disparu. La peur s’installe, et avec elle tout ce qui fait pourrir une communauté à petit feu : les rumeurs, la religion qui étouffe, la pauvreté, les secrets planqués sous le tapis. Quand Summer, quinze ans, élève modèle et chouchoute de toute la ville, s’évanouit à son tour en laissant un mot étrange, c’est sa jumelle Raine, la rebelle de la famille, qui part la chercher. Avec elle, deux gamins cabossés, Noah et Purv.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’atmosphère. Whitaker filme son trou perdu comme un orage qui n’éclate jamais vraiment, une chaleur poisseuse qui colle à la peau pendant 480 pages. On pense au grand polar du Sud américain, celui qui parle moins de l’enquête que des gens qu’elle écrabouille au passage.

La lumière qui nous reste - Chris Whitaker

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Et c’est là que l’auteur est fort. Parce que oui, il y a une intrigue, des fausses pistes, une tension qui monte. Mais le vrai sujet, c’est l’adolescence, l’amitié qui tient debout quand tout s’écroule, et des adultes qui regardent ailleurs. Whitaker écrit ses ados avec une justesse rare, sans jamais les prendre de haut.

Alors oui, on sent par moments que c’est un livre de jeunesse : quelques effets un peu appuyés, une noirceur qui en rajoute. Mais bon, c’est aussi ce qui lui donne sa sincérité et sa patate.

Si vous avez aimé ses romans suivants, foncez, c’est du grand Whitaker avant Whitaker. Et si vous le découvrez ici, c’est une belle porte d’entrée dans une œuvre qui ne raconte au fond qu’une seule chose : comment on reste debout quand la nuit s’installe pour de bon.

Crédit photo : Sonatine

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