Culture

Vingt-cinq ans après son premier roman, Philippe Besson raconte l’enfant qui n’écrivait pas encore

posted by Vincent 20 septembre 2026
Couverture du livre La premiere phrase du premier livre de Philippe Besson (Julliard)

Il y a des livres qui remontent le temps jusqu’au tout début, avant la première ligne, avant même l’envie. C’est exactement ce que fait Philippe Besson dans La première phrase du premier livre, paru le 3 septembre chez Julliard, 240 pages, 21 euros.

Vingt-cinq ans après En l’absence des hommes, son premier roman, il ne raconte pas comment il est devenu écrivain. Il raconte tout ce qui précède. L’enfance dans une France rurale des années 1970, une adolescence rêveuse et un peu cabossée, puis l’arrivée à Paris et le choc de la littérature comme porte de sortie.

Le fil, c’est une vocation qui se cherche. Besson revisite trois décennies, des années 1970 aux années 1990, et fait défiler au passage tout ce qui a fabriqué un gamin de province : le poids des origines, l’homosexualité qu’on cache, l’ascension sociale, et le sida qui a décimé sa génération. Ce n’est jamais un catalogue. C’est une façon de dire d’où vient l’écriture, et pourquoi certains s’y accrochent comme à une bouée.

Là où le livre touche, c’est quand il arrête de parler de lui. En racontant sa mémoire à lui, Besson réveille la vôtre. On repense à ses propres premières lectures, aux livres qui nous ont sauvés d’un été trop long, à la personne qu’on aurait voulu devenir. La prose est tendre, la nostalgie tenue à distance du sirop, et ça se lit d’une traite.

La premiere phrase du premier livre

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Alors quoi, un sans-faute ? Pas tout à fait. Besson reste Besson, avec ses tics : les formules qui sonnent un peu trop bien, les récits enchâssés dans le récit, les émotions parfois soulignées deux fois plutôt qu’une. La critique est d’ailleurs partagée, entre ceux qui saluent un texte attachant et ceux qui trouvent le procédé un brin appuyé. Les deux ont raison, quelque part.

Reste que le pari est joli. Écrire sur le silence d’avant les livres, sur cet espace flou où une vie hésite encore, c’est plus casse-gueule qu’un roman classique. Besson s’en tire avec de la pudeur et un vrai sens du souvenir partagé.

Pour qui ? Pour celles et ceux qui aiment quand un auteur se retourne sur sa jeunesse sans se draper dans la légende. Et pour tous les lecteurs qui gardent, quelque part, le souvenir précis du premier livre qui les a vraiment cueillis.

Crédit photo : Julliard

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