Culture

Prisma Media : 261 postes supprimés, l’onde de choc Bolloré

posted by Vincent 30 mars 2026
Prisma Media : 261 postes supprimés, l'onde de choc Bolloré

C’est un plan social d’une rare violence qui vient de tomber sur le premier éditeur de presse magazine de France. Prisma Media, désormais piloté par des cadres venus de la galaxie Bolloré, a confirmé à ses syndicats la suppression de 261 postes. Un chiffre qui représente environ 40 % de la masse salariale du groupe, avec un plafond évoqué à 279 départs sur les 650 salariés recensés fin janvier. Les rédactions de Capital, Geo ou Femme Actuelle se retrouvent en première ligne.

La décision intervient à peine six mois après la reprise en main du groupe par des figures historiques de l’empire Bolloré. Serge Nedjar, le patron de CNews, dirige désormais les rédactions, tandis que Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, occupe la vice-présidence. Du côté de la CGT, on ne prend pas de gants pour qualifier l’opération : le mot « carnage » revient. Et il faut reconnaître que le périmètre touché est large.

Car Prisma Media, c’est un catalogue impressionnant : Capital, Geo, Femme Actuelle, Voici, Télé-Loisirs, et plus récemment Ici Paris et France Dimanche, rachetés à Daniel Kretinsky. On aurait pu croire que cette boulimie d’acquisitions annonçait une période d’expansion. C’est l’inverse qui se produit. Le plan prévoit l’arrêt définitif de plusieurs déclinaisons et hors-séries, dont Geo Histoire et Femme Actuelle Jeux. Les journalistes paient le tribut le plus lourd, avec environ 90 postes concernés.

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La direction, elle, assure vouloir limiter la casse en s’appuyant sur les capacités de reclassement de Louis Hachette Group, l’entité née de la scission de Vivendi fin 2024. Reste à voir ce que vaut cette promesse une fois passée la phase des annonces.

Ce qui frappe, c’est la mécanique. On a déjà vu ce film chez iTélé ou Europe 1 : alignement des coûts sur une rentabilité immédiate, centralisation du pouvoir, et au bout du compte une transformation profonde de l’identité des titres. La presse papier souffre, c’est une réalité ancienne et structurelle. Mais ce n’est plus seulement une adaptation à un marché qui se contracte, c’est un changement de nature. Difficile d’imaginer que des marques comme Capital ou Geo continuent de produire la même chose avec moitié moins de bras. On verra ce qu’il reste de l’âme de ces magazines dans un an. Pour l’instant, le compte n’y est pas.

Crédit photo : DR

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