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Quand la Marche des Fiertés tombe la veille d’un scrutin décisif

posted by Vincent 29 juin 2024
Quand la Marche des Fiertés tombe la veille d'un scrutin décisif

Il y a des éditions de la Marche des Fiertés où l’on danse le cœur léger, paillettes au front et drapeau sur les épaules. Et puis il y a celle de 2024, où la fête avait un goût particulier, plus grave, presque inquiet.

Juin, c’est le mois des fiertés, celui qui rend visibles les vécus et les combats des personnes LGBTQI+. Une parenthèse de célébration, mais aussi de revendication. Sauf que cette année-là, le calendrier en a décidé autrement.

La Marche des Fiertés de Paris s’est tenue le samedi 29 juin 2024. Le lendemain, dimanche 30 juin, se déroulait le premier tour des élections législatives. Deux jours, deux mobilisations qui se télescopent, et un même enjeu en toile de fond.

Car le contexte était lourd. La montée en puissance de l’extrême droite planait sur tout le week-end, dans un climat de transphobie de plus en plus décomplexée. Difficile, dans ces conditions, de défiler comme si de rien n’était.

Beaucoup de participants l’ont dit : le cœur n’était pas vraiment à la fête. La possibilité de voir le Rassemblement national accéder au pouvoir, au terme des deux tours des 30 juin et 7 juillet, transformait la marche en autre chose qu’une simple parade festive. Une démonstration de force, un cri, un avertissement.

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Associations, militants, personnalités politiques et figures de la société civile avaient appelé à une mobilisation hors norme. L’idée était claire : marcher aussi contre l’extrême droite, faire de cette 31e édition un moment politique autant que culturel. Et ça a pris. Ce samedi-là, Paris a réuni près de 650 000 personnes dans ses rues.

Ce chiffre dit quelque chose. Quand une communauté se sent menacée, elle ne se replie pas forcément, elle sort, elle occupe l’espace, elle se montre. La Marche des Fiertés a toujours eu cette double nature, entre la joie revendiquée et la lutte concrète. En 2024, le second versant a repris ses droits.

On aurait tort d’opposer les deux, d’ailleurs. La fête n’est pas l’inverse du combat, elle en fait partie. Exister joyeusement dans l’espace public, quand certains voudraient vous voir disparaître, c’est déjà un geste politique. Danser devient alors une manière de résister.

Reste cette question qui flottait dans l’air ce week-end là, et qui dépasse largement la communauté LGBTQI+. Que valent les droits acquis face à une vague qui voudrait les remettre en cause. La réponse, en partie, se jouait dans l’isoloir le lendemain matin.

Marcher avant de voter, donc. Deux gestes différents, animés par la même conviction. On retiendra surtout cette image d’une foule immense qui, plutôt que de baisser la tête, a choisi de la relever bien haut. Parfois, c’est dans les moments les plus tendus que les mobilisations trouvent leur plus belle ampleur.

Crédit photo : DR

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