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Violences dans le sport : une loi votée à l’unanimité pour protéger les enfants

posted by Vincent 2 mars 2024
Violences dans le sport : une loi votée à l'unanimité pour protéger les enfants

Il est des votes qui font consensus, et c’est tant mieux. L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi destinée à mieux prévenir les violences sexuelles sur les mineurs dans les clubs sportifs. Le texte avait déjà été voté sans la moindre voix contre au Sénat, et il l’a été à l’identique par les députés. Sur un sujet aussi grave, l’absence de clivage politique a quelque chose de rassurant.

Concrètement, que change cette loi ? Elle muscle le contrôle des encadrants. Désormais, les antécédents des éducateurs sportifs seront vérifiés chaque année, et non plus de façon ponctuelle. Cela passe par l’examen du bulletin numéro 2 de leur casier judiciaire, ainsi que par la consultation du fichier recensant les auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Une personne condamnée ou fichée ne pourra plus passer entre les mailles du filet en se contentant d’un contrôle effectué une fois pour toutes, des années plus tôt.

La loi crée aussi une obligation nouvelle pour les responsables de clubs. Les présidents devront signaler aux services de l’État les comportements à risque d’un éducateur, ou de toute personne en contact avec des mineurs, sous peine de sanctions. C’est sans doute la mesure la plus importante, car elle s’attaque au vrai talon d’Achille de ces affaires : le silence. Trop souvent, les alertes restent étouffées au sein des structures, par peur du scandale, par solidarité mal placée, ou par simple inertie. En faisant peser une responsabilité sur les dirigeants, le texte rend le mutisme moins confortable.

Un si long silence

Le récit de Sarah Abitbol, à l’origine de la parole libérée dans le sport.

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Ce texte sur l’honorabilité dans le sport a été élaboré par le sénateur Sébastien Pla, en collaboration avec une figure qui donne au combat toute sa dimension : Sarah Abitbol. L’ancienne championne de patinage avait, en 2020, brisé un long silence en témoignant des viols subis durant son adolescence de la part d’un entraîneur. Sa parole avait ouvert une brèche, et libéré celle de nombreuses autres victimes dans le monde du sport. À l’adoption de la loi, elle a eu cette phrase simple et déterminée : ne rien lâcher, pour sauver la nouvelle génération.

Ce qui rend cette avancée précieuse, c’est qu’elle transforme une prise de conscience en règles concrètes. Les témoignages, aussi bouleversants soient-ils, ne suffisent pas s’ils ne débouchent sur rien. Là, on passe de l’indignation au dispositif : des contrôles réguliers, une obligation de signalement, des sanctions à la clé. C’est exactement le genre de traduction législative qu’on attend après une libération de la parole.

Tout ne sera pas réglé pour autant, et il serait naïf de le croire. Une loi ne change pas du jour au lendemain les réflexes d’un milieu, ni le courage qu’il faut pour dénoncer. Reste à veiller à son application réelle sur le terrain, club par club. Mais le signal envoyé est sans ambiguïté : la protection des enfants passe avant la tranquillité des institutions. Voté à l’unanimité, qui plus est. Pour une fois, on ne va pas bouder son plaisir.

Crédit photo : DR

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