Idées

Et si on survivait à une journée sans réseaux sociaux ?

posted by Vincent 14 octobre 2021
Et si on survivait à une journée sans réseaux sociaux ?

Il existe un genre de petite panique très contemporaine. Le réseau social tombe en rade, l’application affiche une page blanche, et soudain des millions de gens se retrouvent face à un vide vertigineux : le réel.

On l’a tous vécu. Un jour de 2021, Facebook, Instagram et WhatsApp s’effondrent simultanément pendant plusieurs heures. Le temps d’une après-midi, une partie de la planète a dû réapprendre à parler aux gens en face. Spoiler : personne n’en est mort.

C’est exactement le terrain de jeu de l’humour radiophonique français, celui des chroniqueurs qui guettent nos petits travers pour mieux les retourner. La vie sans réseau, c’est un sujet en or. Parce qu’au fond, ce qui nous angoisse n’est pas la panne, c’est ce qu’elle révèle de notre dépendance.

Prenez Snapchat et compagnie. On y poste des vidéos qui s’autodétruisent en dix secondes, des photos de notre repas, des filtres qui nous transforment en chien ou en couronne de fleurs. Vu de loin, c’est absurde. Vu de près, c’est devenu un réflexe aussi automatique que respirer.

Le comique de la situation, c’est l’écart. D’un côté, le discours grandiose sur ces outils qui « connectent l’humanité ». De l’autre, la réalité : on les utilise surtout pour vérifier si quelqu’un a vu notre story et n’a pas répondu. Le drame intime à l’échelle du pouce.

Et puis il y a la génération d’avant, celle qui a connu le monde sans tout ça. Elle observe la débâcle avec un petit sourire en coin, vaguement supérieure, en rappelant qu’on a survécu des millénaires sans savoir ce que le voisin mangeait au petit-déjeuner.

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Sauf que la moquerie marche dans les deux sens. Les mêmes qui ricanent passent leurs soirées sur des chaînes d’info en boucle, ce qui n’est jamais qu’un fil d’actualité un peu plus anxiogène. Personne n’est totalement à l’abri de l’écran.

Ce qui rend le sujet savoureux, c’est qu’il ne se moque pas vraiment de la technologie. Il se moque de nous. De notre capacité à transformer un outil pratique en béquille existentielle, puis à paniquer dès qu’on nous la retire pour deux heures.

La vraie question reste posée. Que ferions-nous d’une journée entière, vraiment coupée ? Lire un livre, sans doute. Regarder par la fenêtre. S’ennuyer, ce mot devenu presque tabou. Et peut-être redécouvrir que l’ennui, justement, c’est là que naissent la plupart des bonnes idées.

Alors la prochaine fois que l’application plante, essayez de ne pas redémarrer le téléphone tout de suite. Tenez. Respirez. Vous verrez, c’est un peu inconfortable au début. Et puis ça passe.

Crédit photo : DR

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