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Introduction au Code Switching pour hommes blancs hétéros (entre autres) [FR/EN]

Posté par Nathanael 20 avril 2020 1 Commentaire

English version below!

Il y a un trois ans, j’ai commencé un master en Etudes sur le genre, alors que j’étais encore au milieu de mon master en Musicologie. Ça m’ouvrait d’un coup beaucoup plus de portes pour me présenter, et surtout pour répondre à l’éternelle question « Tu fais quoi dans la vie ? » que se posent inévitablement deux étudiant.e.s qui ne se connaissent pas en soirée. Je suis assez fier d’avoir étudié ces deux masters, donc je dis souvent les deux, mais pas forcément dans le même ordre.

Parfois, en présence de musiciens professionnels, je dis Musicologie en premier. Quand je suis en présence de femmes ou de personnes LGBTQ+, je dis Etudes sur le genre en premier. Parfois je dis que l’un, ou que l’autre, en fonction du genre de connexion ou d’interactions auxquels je m’attends. Il m’est arrivé une fois de répondre Etudes sur le genre à une personne extrêmement peu tolérante sur le sujet, ça m’a ruiné la soirée. Une autre fois, en présence d’un groupe de LGBTQ+, j’ai dit seulement Etudes sur le genre. J’y étais avec un ami, qui connaissait bien ma situation, et qui me l’a fait remarquer en souriant.

A l’époque, je n’ai pas su quoi répondre. Je faisais ça plutôt inconsciemment. Mais la semaine dernière, j’ai appris qu’il existait un mot pour ça – et aussi que je fais ça toute la journée !

Le Code Switching : concept linguistique

Cela s’appelle le Code Switching (changement de code en français). Le concept vient de la linguistique, et décrit d’abord le fait d’alterner ou de mélanger deux (ou plusieurs) langues, dialectes, registres (formel ou informel), le tout au sein d’une même conversation. Ce phénomène a lieu parmi les familles, écoles ou communautés dont les membres parlent plusieurs langues, et permet de transmettre une pensée plus efficacement.

Certains concepts n’ont pas de mot pour les décrire dans une langue, par exemple, mais en ont dans une autre. Ainsi, il n’y a pas d’équivalent en français du mot allemand Mitmenschen, qui décrit celleux qui partagent nos vies, nos proches ou notre entourage, mais également, à un niveau plus global, celleux qui nous engage dans notre responsabilité et notre codépendance. Ou d’autres fois, il s’agit de domaines entiers, de pans entiers de notre expérience ou de notre savoir qui sont associés à un langage particulier. C’est difficile pour moi de parler de mes études à ma famille, qui est française, puisque j’étudie en Autriche, ou de leur parler de mon sujet de dissertation, puisque toutes mes sources et tous mes écrits sont en anglais.

Dans ma vie de tous les jours, cette expérience multilingue se transcrit par un certain nombre d’accrocs, d’inconforts : je passe énormément de temps à chercher mes mots quand je discute avec des gens qui ne parlent qu’une des trois langues que je connais, surtout s’il s’agit d’un mot que j’utilise beaucoup dans une langue, ou dont la traduction dans une autre ne me convient pas. Parfois, je passe un bon moment à essayer d’expliquer la nuance qui m’intéresse.

Le Code Switching : un mécanisme social

Par extension, le Code Switching décrit également l’utilisation d’un dialecte, d’une langue, d’un registre plus accepté par la société, la communauté ou le groupe avec lequel on interagit dans un moment donné, en fonction du contexte social ou culturel immédiat, pour projeter une identité spécifique. Les politiciens utilisent le Code Switching dans le cadre de leur campagne électorale pour établir un lien avec leur public, par exemple. Dans leur cas, c’est délibéré, mais dans la majorité des situations, c’est simplement inconscient, à notre insu.

Cela ne se limite d’ailleurs pas au langage parlé, mais s’étend également à notre langage corporel, physique, à notre présence dans le monde, nos interactions sociales. Nous modifions notre comportement, notre apparence, pour nous adapter à différentes normes socioculturelles, celles qui sont, dans cette situation immédiate, les mieux acceptées socialement. Notre coiffure, nos choix stylistiques et vestimentaires, ce que nous mangeons, s’il nous arrive – ou pas – de cacher nos tatouages pendant un entretien d’embauche… Nos choix d’adapter notre comportement et la façon dont nous sommes perçus sont informés par le besoin de nous assurer une plus grande acceptance dans un contexte spécifique.

Quand est-ce qu’on code switche ?

Le Code Switching est donc un outil fondamentalement stratégique, qui nous permet de nous rendre la vie un peu plus facile, en nous intégrant sans heurts dans différentes situations sociales et professionnelles. En prenant conscience des personnes qui nous entourent et en agissant et parlant davantage comme eux, nous pouvons créer des connexions qui généreront des opportunités.

Nous intégrer, nouer des liens avec les autres, accroître leur confiance, paraître plus cultivés ou éduqués ou plus autoritaires sont autant de moyens d’accroître nos options and notre pouvoir dans une certaine situation. Se faire passer pour un résident local à Cuba peut ouvrir l’accès au réseau de taxi qui exclut les touristes, ou paraître plus aimable et similaire à son.sa supérieur*e peut maximiser les chances d’augmentations, sourire lorsqu’on prend la commande de client*es en terrasse peut assurer de meilleurs pourboires et des interactions plus sympathiques. Parfois, il s’agit de communiquer avec son.sa partenaire, sans être compris par d’autres personnes, comme un safe word pour signifier que la soirée a assez duré et qu’on veut rentrer…

Qui code switche le plus ?

Mais voilà, si, quelle que soit notre couleur de peau, notre ethnie, notre classe sociale ou notre culture, nous alternons tous entre différents espaces culturels et linguistiques et différentes parties de notre propre identité – si, en sommes, nous en avons tous le potentiel, nous n’en avons pas tous le même besoin, ou la même nécessité. En conséquence, certain*es d’entre nous ont recours à cette compétence beaucoup plus souvent, et la maîtrisent beaucoup mieux que d’autres.

Ainsi, les personnes faisant partie de communautés minoritaires et/ou oppressées (les femmes, les personnes de couleur, les personnes handicapées, les identités de genres et orientations sexuelles LGBTQ+, etc.) Code Switchent pour résister, inverser, ou neutraliser des conséquences négatives dues à des mécanismes d’oppression systémiques. Le Code Switching leur permet d’échapper à des situations gênantes et inconfortables, aux regards de travers, aux malentendus, à l’impolitesse et la lourdeur de personnes intolérantes, à la confrontation, aux préjudices et discriminations (perdre son emploi à cause de son orientation sexuelle), à la dysphorie, l’hostilité, la haine et la violence verbale et physique, et aux traumatismes qui en résultent…

Le Code Switching devient pour les groupes oppressés ou minoritaires une forme performative d’autocensure, une technique de survie, masquant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, la fluidité dans une deuxième langue, l’héritage d’une autre culture… Le tout pour minimiser le danger qu’être soi-même représente, dans une culture dominante privilégiant, dans nos pays occidentaux, les hommes blancs cis-genres hétérosexuels de classe moyenne parlant le langage officiel… S’intégrer dans ce système social est capital pour s’épanouir, mais nécessite la démarche du Code Switching pour nier les écarts par rapport à cette norme étouffante.

La charge mentale du Code Switching

D’après Lauren Hough, « Tout le monde le fait. Chaque personne gay, chaque immigrant*e, chaque personne de couleur, et c’est tellement pénible. » La pression pour se conformer peut être stressante, aliénante et dommageable, mentalement éprouvante… Il peut être épuisant et démoralisant d’avoir à contrôler ou surveiller son propre comportement, de se sentir obligé de cacher ou d’ajuster certaines parties de son identité, de maintenir une vigilance constante. C’est une forme de travail, de traduction, de charge, nécessaire dans presque tous les espaces sociaux de la vie quotidienne.

Cette charge complique par ailleurs leur relation à soi-même, ainsi qu’à sa/ses causes. Changer son comportement, ça implique que le moi authentique n’est pas assez bien, pas suffisant, pas légitime, compliquant le rapport au soi. Le risque d’être surpris sur le fait, démasquant ainsi le Code Switching et mettant en doute son authenticité peut aussi être stressant. De même, transformer son comportement pour s’adapter peut s’apparenter à trahir son identité, ses valeurs, ses croyances, sa propre personnalité et finalement sa communauté. Matt en témoigne ainsi:

« Depuis son coming-out il y a deux ans, Matt a été surpris de constater à quel point il est difficile de savoir quand il est nécessaire de changer de code. « Les membres de ma famille que je soupçonnais se comporter bizarrement ont été très sympas, et certains que j’imaginais être géniaux ont été bizarres », ont-ils expliqué. « Cela m’oblige à faire des calculs en permanence, ce qui est nul… Cela me fout vraiment en l’air et érode ma confiance et mon estime de soi, souvent pendant des jours après, parce que je suis quoi, une sorte de lâche ? Est-ce que je trahis la cause d’une manière ou d’une autre ? »

Le Code Switch en action pour les minorités oppressées

A quoi peut ressembler le Code Switching concrètement ? En fonction de la tolérance variable de différents espaces, cela peut pour les femmes noires, impliquer par exemple de choisir d’enlever ses tresses ou changer sa coiffure naturelle avant de commencer un nouveau job, choisir de manger des sandwiches à l’heure du déjeuner plutôt que d’apporter des plats traditionnels de la maison. La discussion qu’ont de nombreux parents afro-américains aux Etats-Unis avec leurs enfants pour les mettre en garde et les préparer à d’éventuelles rencontres avec les forces de l’ordre représente la transmission intergénérationnelle de savoir relatif au Code Switching. Les directives claires sur la manière de changer de comportement lorsque la police s’approche – baisser la musique forte, ajuster sa posture, garder ses mains visibles, faire preuve de bonnes manières, parler correctement – sont autant de moyens de s’assurer de ne pas se faire tirer dessus par un policier un peu trop zélé et qui se sent menacé.

Pour les transsexuel.les, bien plus que le ton (une voix plus grave pour un homme ou plus aigüe pour une femme), le genre est présenté par la résonance (la plénitude de la voix), la cadence (les hommes parlent souvent en staccato, par opposition à un style fluide), le volume (les hommes sont plus forts) et le vocabulaire (les femmes ont plus tendance, par exemple, à terminer les phrases par des « tag » comme « n’est-ce pas ? »), ou les gestes non vocaux pendant le discours.

La nécessité du Code Switch pour les minorités oppressées

Pour la plupart de celleux qui utilisent le Code Switching quotidiennement, il s’agit, bien plus qu’un mécanisme qui permet de s’épanouir dans la culture dominante, d’une question de survie élémentaire. Un témoignage qui m’a pris aux tripes :

« J’ai été attaquée, violée, crachée, battue, menacée à cause de l’insécurité de quelqu’un d’autre. Laisse-moi redire cela : j’ai subi des traumatismes dû à l’insécurité de quelqu’un d’autre. »

Dans d’autres contextes, l’usage d’un langage ou accent qui n’est pas celui de la norme pour être suffisant pour nous marquer comme « autre » et menaçant dans un contexte juridique, et faire pencher le verdict en la défaveur de la personne accusée. La capacité à parler la langue officielle à la perfection, à se comporter de manière non-menaçante peut, selon Chandra Arthur, « faire la différence entre la vie et la mort ».

Oppression, discriminations et privilèges

De manière générale, le Code Switching ne serait pas nécessaire si les personnes de couleurs, les personnes LGBTQ+, les immigrant.e.s etc. n’étaient pas pénalisé.e.s pour leurs différences sociales et culturelles, si le privilège blanc, hétérosexuel, cis-genre n’avait pas été intégré dans toutes les institutions sociales de la société – si les règles non écrites de nombreuses situations sociales n’étaient pas dictées par les expériences d’un groupe particulier. Par exemple, en Europe, la blancheur est partie intégrante des institutions, elle constitue un pilier de la culture dominante. Elle est considérée comme normale, légitime, et naturelle.

L’espace social devient donc le leur, investissant la culture et les représentations de leur narratif dominant, les privilégiant par là-même et discriminant et oppressant les groupes marqués comme « autres ». La nécessité du Code Switching provient du besoin de s’adapter à la culture dominante, centrée autour de l’expérience blanche, hétérosexuelle, masculine, aisée, éduquée, etc. Le Code Switching permet d’invisibiliser les différences, et de se rendre moins menaçant pour la culture dominante. Les populations privilégiées se sentent donc plus en sécurité, puisque l’espace partagé reflète leur expérience ou invisibilise les différences.

Le discours « mainstream » reste donc au service des groupes dominants, opprimant les autres et confinant la diversité dans les foyers, ces derniers bastions de vie privée. Et pour cause : les groupes marginalisés sont tenus pour responsables de se policer eux-mêmes, et ce, grâce à un sentiment de jugement et une politique de respectabilité, à un système de préjugés. Par exemple, parler la langue officielle parfaitement est un préjugé linguistique qui se base sur le racisme. Maîtriser cette compétence nous privilégie, nous fait paraître éduqué, nous apporte une plus grande respectabilité sociale, tandis qu’à l’inverse, un accent ou des erreurs grammaticales récurrentes, un manque de vocabulaire nous marque instantanément comme stupides ou incompétent.e.s.

Code Switcher est donc un travail de fond, constant, invisible réalisé pour être perçu comme non menaçant auprès des populations privilégiées – blanches, hétérosexuelles, cis-genres, valides etc. La performance des minorités ou groupes oppressés vise à se rendre le moins inconfortable ou menaçant, de manière à rendre l’expérience de l’interaction confortable pour le groupe dominant. Comme le décrit Isaac, il se transforme en « ‘Je peux être tout ce qui te met le moins mal à l’aise en ce moment’–Isaac, à essentiellement tout ce qui n’était pas moi. »

Naturellement, puisqu’une personne peut faire partie de deux catégories d’identité qui sont discriminées (ou qui intersectent), le Code Switching se fait plus lourd, plus complexe et multiple – plus pesant donc. Lauren Hough témoigne ainsi qu’elle a su adapter son accent british pour masquer ses origines et s’intégrer dans son collège d’Amarillo, une ville particulièrement peu tolérante au Texas, mais n’a pas su masquer son orientation sexuelle, et a dû en subir les conséquences.

Le privilège de n’avoir pas besoin de Code Switcher

Les personnes qui ont été majoritairement privilégiées au cours de leur vies sont très limitées dans leur utilisation de cette compétence. J’habite en Autriche, pays dans lequel la langue officielle est l’Allemand. Mais la population ne parle pas Allemand, mais une infinité de dialectes, variant selon les régions, ou même les villages. Personnellement, j’ai appris l’Allemand officiel, le « haut allemand », ou Hochdeutsch, je ne peux donc pas Code Switcher. Je suis souvent mépris pour un allemand, ce qui a ses avantages ici. Mais lorsqu’il s’agit de comprendre les forts dialectes, je n’ai aucune chance.

Et souvent, la personne en face de moi est incapable de modifier sa façon de parler… La communication est donc tout simplement atrophiée, si elle a lieu tout court. Ces personnes sont incapables de saisir que je ne comprends pas leur dialecte, de reformuler ou d’expliquer, de le dire d’une manière que je comprenne, de traduire en haut allemand – de Code Switcher. Et pour cause : elles n’en ressentent presque jamais le besoin. Leur expérience est celle de la majorité, en Autriche, et elles sont privilégiées par le narratif culturel dominant.

Puisque la culture dominante est façonnée autour de certains types d’expériences, les « autres » sont plus enclins à recourir au Code Switch. Les hommes blancs, hétérosexuels, cis-genres, valides, etc. ressentent rarement ou jamais cette pression dans leur vie quotidienne. Et pour cause : Ils n’ont jamais rencontré de difficulté à entrer dans un bâtiment qui n’avait pas de rampe d’accès pour fauteuil roulant, n’ont sans doute jamais fait l’expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail, ne se sont jamais fait peloter dans les transports en commun… Comme le formule Paolo Gaudiano, « l’inclusion est invisible pour ceux qui en bénéficient, car l’inclusion reflète l’absence d’incidents négatifs qui font que l’on se sent exclu. »

Par conséquent, les hommes blancs hétéros savent le moins code switcher. Ils ne se pensent, ne se sentent pas menaçants. Tellement pas, qu’ils se sentent légitimes de porter des armes, de commenter sur le look de femmes dans la rue, d’être impolis avec la police, pour faire carrière en politique ou pour insulter les groupes oppressés lorsqu’ils sont présidents… Ils évoluent dans le monde sans prendre le moins du monde conscience d’à quel point un comportement peut être agressif, dommageable ou inconfortable pour d’autres personnes. A quel point commenter l’apparence d’une femme qu’on ne connaît pas peut être gênant ou effrayant… Ironiquement donc, les hommes blancs cis hétéros sont inconscient de la menace très réelle qu’ils représentent, tandis que tout le monde autour d’eux fait très attention à son environnement, s’assurant que personne ne se sente menacé.

Introduction au Code Switching pour populations privilégiées

Le Code Switching est un outil dérisoire face à l’adversité pour les groupes oppressés ou minoritaires, et ne peut les protéger que jusqu’à un certain point. Comme le dit Natalie Morris:

« En fin de compte, quelle que soit la minutie avec laquelle vous essayez d’assimiler ou d’imiter le comportement de la majorité, cela ne change rien à votre « altérité » aux yeux de beaucoup. Ainsi, bien que la capacité à changer de code puisse être utile, elle ne constitue qu’un bouclier fragile contre le racisme systémique, institutionnel et personnel. »

Que faire, donc ?

Pour les groupes privilégiés, principalement pour les hommes blancs hétéros, il s’agit de

  • créer des espaces authentiques, accessibles et accueillants pour divers groupes de personnes
  • reconnaître ses propres privilèges et la manière dont ses expériences en sont positivement affectées
  • tenter de rendre la vie des groupes oppressés moins difficile
  • apprendre à devenir un meilleur allié
  • apprendre à Code Switcher pour les personnes oppressées plutôt que l’inverse, pour les faire se sentir en sécurité

Par exemple, donner des signaux au cours d’une conversation permet d’inclure l’expérience de l’autre, annoncer une présence amicale, ajouter des moments de tendresse et de solidarité, signifier que nous ne présentons aucuns risques. Ralentir, laisser de l’espace aux gens. Changer de trottoir plutôt que de croiser une femme seule la nuit. Code Switcher. Lauren Hough en parle si bien dans son TED Talk :

« Il y a quelques mois, je promenais mon chien, et une femme a couru vers nous comme si nous étions de vieilles amies. Et j’ai joué le jeu, parce que je suis vraiment mauvaise avec les visages, et je travaille dans un bar, qui sait ! Mais il s’est avéré qu’elle ne me connaissait pas du tout, elle courait, et un type avait couru derrière elle pendant plusieurs pâtés de maisons. Elle ne voulait pas rentrer chez elle, parce qu’il n’y avait personne à la maison. Alors elle m’a vu, moi, une personne avec un chien, et elle s’est dit que j’étais sans danger. Et nous sommes rentrés à pied, chez moi, et je l’ai ramenée chez elle plus tard. Et il y a des chances que ce type n’ait pas eu la moindre idée de ce qu’il faisait. Il n’avait aucune idée qu’il ne faisait que terrifier une jeune femme. Mais nous avons tous lu les histoires d’un joggeur qui a disparu. Et tout ce qu’il avait à faire était de remarquer, de se retourner, de la dépasser, de ralentir, de prendre un autre virage, mais il ne l’a pas fait. Parce qu’il ne lui est pas venu à l’esprit qu’il pouvait être menaçant. Il ne lui est probablement pas venu à l’esprit qu’elle allait arrêter de courir. Elle décidera simplement que le jeu n’en vaut pas la chandelle, et cela lui manquera. »

Si le Code Switching est si nécessaire pour la survie dans un monde en tant que personne marquée comme autre et dont les catégories d’identité sont opprimées de manière intersectionnelle, il s’agit néanmoins d’une compétence humaine, qui peut être développée, raffinée, également par les hommes blancs hétéros cis-genre valides.

Pour les autres, il s’agit de s’assurer d’avoir des espaces protégés pour se reposer et se remettre. Dans mon cas, pour pallier à mes problèmes de langues, j’ai la chance deux fois par mois d’appeller mon meilleur ami. Avec lui toutes ces difficultés s’effacent, puisque lui aussi maîtrise le français, l’allemand et l’anglais couramment. Pas besoin de code switch, donc, et nos conversations ressemblent à mes prises de notes à la fac : un mélange chaotique d’expressions, de blagues, de concepts, de références dans d’autres langues, de traductions littérales de dictons et d’expressions … The dream !

Pour les personnes qui ont recours le plus souvent au Code Switching, il s’agit de rejeter l’injonction, de refuser de dorloter ceux qui les entourent. Le témoignage de Isaac Sanders me semble le plus parlant :

« Je refuse de Code Switcher pour de nombreuses raisons, mais la raison numéro un est que le Code Switching maintient le patriarcat cishétéronormatif eurocentrique que je me suis engagé à démanteler depuis un certain temps déjà. Je ne vais pas mettre une voix blanche ou parler correctement pour un public blanc. Si vous ne me comprenez pas, cherchez sur Google, si vous n’obtenez pas ma référence, cherchez sur Google, si vous pensez que Yass Qween a été créé par Broad City, j’espère que vous trébucherez et tomberez mais que vous ne vous ferez pas mal. Je suis tellement fatigué de jongler avec mes identités, j’ai le droit de vivre authentiquement sans que la police des normes sociales du monde vienne me chercher. C’est à cela que ressemble le privilège, de pouvoir ne pas avoir à penser à la façon dont on fait les choses dans la société dans laquelle on vit à chaque instant pour pouvoir s’épanouir. Je veux être comme les enfants blancs hétéros, mais je veux être gay et noir en même temps. »

Puisqu’il est si facile de se méprendre sur les intentions, peut-être qu’en inversant l’injonction, en demandant aux populations privilégiées de Code Switcher, et aux populations opprimées de ne pas le faire, nous pourrons tous avoir un peu moins peur les uns des autres.


English version

Code Switching 101 for straight white males

Three years ago, I started a Master’s degree in Gender Studies, while I was still in the middle of my Master’s in Musicology. It suddenly opened a lot more doors for me to introduce myself, and above all to answer the eternal question « What do you do in life? » that inevitably arises between two students who don’t know each other at a party. I’m quite proud to have studied these two masters, so I often answer with both, but not necessarily in the same order.

Sometimes, in the presence of professional musicians, I say Musicology first. When I’m in with women or LGBTQ+ folks, I say Gender Studies first. Sometimes I talk about only the one, or the other, depending on the kind of connection or interaction I expect. I once answered Gender Studies to a person who was extremely intolerant on the subject, it ruined my evening. Another time, in the presence of a group of LGBTQ+, I said only Gender Studies. I was there with a friend, who knew my situation well, and pointed out my omission with a smile.

At the time, I didn’t know what to say. I was doing it rather unconsciously. But last week I learned that there is a word for it – and I do it all day long!

Code Switching: a linguistic concept

That’s called Code Switching. The concept comes from linguistics, and initially describes the act of alternating or mixing two (or more) languages, dialects, registers (formal or informal), all within the same conversation. This phenomenon takes place within families, schools or communities whose members speak more than one language and allows for more effective transmission of thought.

Some concepts do not have a word to describe them in one language but have words to describe them in another. For instance, there is no English equivalent of the German word Mitmenschen, which describes those who share our lives, our loved ones or our community, but also, on a more global level, those who engage us in our responsibility and co-dependence. Further, there are whole areas, whole sections of our experience or knowledge that are associated with a particular language. It is difficult for me to talk about my studies to my family, which is French, since I am studying in Austria, or to tell them about my dissertation topic, since all my sources and writings are in English.

In my everyday life, this multilingual experience is characterized by a number of hurdles and discomforts: I spend a lot of time searching for my words when I talk to people who speak only one of the three languages I know, especially if the word I use is one that I use mostly in one language, or is not suitable for translation into another language. Sometimes I have a long time trying to explain the nuance that interests me.

Code Switching: a social mechanism

By extension, Code Switching also describes the use of a dialect, language, register more accepted by the society, community or group with which one interacts at a given moment, depending on the immediate social or cultural context, to project a specific identity. Politicians use Code Switching as part of their electoral campaign to connect with their audience, for example. In their case, it is deliberate, but in most situations it is simply unconscious, without our awareness or intention.

It’s not just about the language we speak, it also extends to our body language, our presentation, our presence in the world, our social interactions. We modify our behaviour, our appearance, our performance to adapt to different socio-cultural norms, those which are, in this immediate situation, the most socially accepted. Our hairstyle, our style and clothing choices, what we eat, whether or not we hide tattoos during a job interview… Our choices to adapt our behaviour and the way we are perceived are informed by the need to ensure greater acceptance in a specific context.

Here’s a strong case of code switching!

When do we code switch?

Code switching is therefore a fundamentally strategic tool, which allows us to make our lives a little easier by integrating smoothly into different social and professional situations. By becoming aware of the people around us and acting and speaking more like them, we can create connections that will generate opportunities.

Integrating ourselves, connecting with others, increasing their confidence, looking more cultivated or educated or authoritative are all ways to increase our options and agency in a certain situation. Passing as a local resident in Cuba can open up access to the taxi network that excludes tourists, or appearing more friendly and similar to one’s superior can maximize the chances of pay raise, smiling when taking orders from customers in a bar can ensure better tips and more friendly interactions. It’s also the ways to communicate with your partner without being understood by others, like a safe word to indicate that the evening has gone long enough and you want to go home…

Who code switches the most?

No matter what skin colour, ethnicity, social class or culture, we all alternate between different cultural and linguistic spaces and different parts of our own identity. And while we all have the potential, we do not all have the same need or necessity. As a result, some of us use this skill much more often and master it much better than others.

People from minority and/or oppressed communities (women, people of colour, people with disabilities, LGBTQ+ gender identities and sexual orientations, etc.) code switch to resist, reverse, or neutralize negative consequences due to systemic mechanisms of oppression. Code switching allows them to escape embarrassing and uncomfortable situations, unwelcome looks, misunderstandings, rudeness from intolerant people, confrontation, prejudice and discrimination (losing one’s job because of one’s sexual orientation), dysphoria, hostility, hatred and verbal and physical violence, and the resulting traumas.

For oppressed or minority groups, code switching becomes a performative form of self-censorship, a survival technique, masking sexual orientation or gender identity, fluency in a second language, the heritage of another culture… All to minimize the danger of being oneself, in a dominant culture that privileges, in our western countries, middle-class able-bodied heterosexual cis-gendered straight white men who speak the official language… Integrating into this social system is crucial to thrive, but requires code switching to deny deviations from this stifling norm.

The mental charge of code switching

According to Lauren Hough, “Everybody is doing it. Every gay person, every immigrant, every person of color, and it’s fucking exhausting.” The pressure to conform can be stressful, alienating and damaging, mentally taxing… It can be painful and demoralizing to have to control or monitor one’s own behavior, to feel compelled to hide or adjust parts of one’s identity, to maintain constant vigilance. It is a form of work, of translation, of charge, which is necessary in almost all social areas of daily life.

This charge also complicates one’s relationship to oneself and one’s cause(s). Changing one’s behavior implies that the authentic self is not good enough, not sufficient, not legitimate, complicating the relation to the self. The risk of being caught in the act, unmasking the code switching and having someone question one’s authenticity can also be stressful. Likewise, transforming one’s behavior to adapt can at times feel like betraying one’s identity, values, beliefs, personality and ultimately one’s community. Matt testifies as follows:

“Since coming out two years ago, Matt’s been surprised by how hard it can be to know when code switching is necessary. “Family members I thought were going to be weird have been very cool, and some I figured would be great have been weird,” they explained. “It forces me to be making calculations constantly, which stinks… It really screws me up and erodes my confidence and sense of worth, often for days afterwards, because what am I, some kind of coward? Am I betraying the cause somehow?”

Code Switch in action for oppressed minorities

What can code switching look like in practice? Depending on the varying tolerance of different spaces, for black women this may involve, for example, choosing to remove their braids or change their natural hairstyle before starting a new job, choosing to eat sandwiches at lunchtime rather than bringing traditional dishes from home. The discussion that many African-American parents in the United States have with their children to warn them and prepare them for possible encounters with the police represents education into the necessities of code switching. Clear guidelines on how to change behavior when the police approaches – turning down loud music, adjusting posture, keeping hands visible, showing good manners, speaking properly – are all ways to make sure you don’t get shot by an overzealous police officer who feels threatened.

For transsexuals, much more than tone (a deeper voice for a man or a higher pitch for a woman), gender is presented by resonance (the fullness of the voice), cadence (men often speak in staccato, as opposed to a fluid style), volume (men are louder), and vocabulary (women are more likely, for example, to end sentences with tag words such as « right? »), or non-verbal gestures during speech.

The need to code switch for oppressed minorities

For most of those who code switch on a daily basis, it is much more than a mechanism to thrive in the dominant culture, it is a matter of basic survival. A testimony that shook me:

“I have been attacked, raped, spit on, beat up, threatened because of someone else’s insecurity. Let me say that again, I have experienced trauma due to someone else’s insecurities.”

In other contexts, the use of non-standard language or accents may be sufficient to mark us as « other » and threatening in a legal context and tilt the verdict against the defendant. The ability to speak the official language perfectly, to behave in a non-threatening manner can, according to Chandra Arthur, « make the difference between life and death”.

Oppression, discrimination and privilege

Generally, code switching would not be necessary if people of colour, LGBTQ+ people, immigrants etc. were not penalized for their social and cultural differences; if white, heterosexual, cis-gender privilege had not been integrated into all social institutions of society; if the unwritten rules of many social situations were not dictated by the experiences of a particular group. For example, in Europe, whiteness is an integral part of institutions, a pillar of the dominant culture. It is considered normal, legitimate, and natural.

The social space thus becomes white people’s, investing the culture and representations with their dominant narrative, thereby privileging them and discriminating against and oppressing groups marked as « other ». The necessity for code switching stems from the need to adapt to the dominant culture, centered around the white, heterosexual, male, well-off, educated, etc. Code switching makes differences invisible and less threatening to the dominant culture. Privileged populations therefore feel safer since the shared space reflects their experience or conceals differences.

The mainstream discourse thus remains at the service of dominant groups, oppressing others and confining diversity to the home, the last bastion of privacy. Marginalized groups are held responsible for policing themselves, due to a sense of judgment and a politics of respectability, a system of prejudice. For example, speaking the official language perfectly is a linguistic prejudice based on racism. Mastering this skill privileges us, makes us appear educated, brings us greater social respectability, while conversely, a foreign accent or frequent grammatical errors or a lack of vocabulary instantly marks us as stupid or incompetent.

Code switching is, therefore, a constant, in-depth, invisible work carried out in order to be perceived as non-threatening to privileged populations – white, heterosexual, cis-genres, able-bodied, etc. The performance of minorities or oppressed groups aims at making themselves the least uncomfortable or menacing, so as to make the experience of interaction comfortable for the dominant group. As Isaac describes it, he turns into “‘I can be everything that makes you the least uncomfortable right now’-Isaac, to essentially everything that wasn’t me. »

Naturally, since a person can belong to two categories of identity that are discriminated against (or intersect with each other), code switching becomes heavier, more complex and multiple – and therefore more demanding. Lauren Hough testifies that she adapted her British accent to mask her origins and fit in at her high school in Amarillo, a particularly segregated town in Texas, but was unable to mask she was a lesbian, and had to suffer the consequences.

The privilege of not needing to code switch

People who have been overwhelmingly privileged in their lives are very limited in their use of this skill. I live in Austria, where the official language is German. But the population does not speak German, but an infinite number of dialects, varying from region to region, or even from village to village. Personally, I learned official German, « High German », or Hochdeutsch, so I can’t code switch to dialect. I am often mistaken for a German, which has its perks here. But when it comes to understanding the strong dialects, I don’t stand a chance.

And often the person in front of me is unable to change his or her way of speaking… Communication is therefore simply atrophied, if it occurs at all. These people are unable to grasp that I don’t understand their dialect, to rephrase or explain what they are saying, to say it in a way that I understand, to translate into High German – to code switch. And for good reason: they almost never feel the need to do so. Their experience is that of the majority in Austria, and they are privileged by the dominant cultural narrative.

Since the dominant culture is shaped around certain types of experiences, the « others » are more inclined to use code switch. White men, heterosexual, cis-gender, able-bodied, etc. rarely or never feel this pressure in their daily lives. Not surprisingly, for they have never experienced difficulty entering a building that did not have a wheelchair ramp, have probably never experienced sexual harassment in the workplace, have never been groped on public transportation, etc. As Paolo Gaudiano states, « Inclusion is invisible to those who benefit from it, because inclusion reflects the absence of negative incidents that make one feel excluded. »

As a result, straight white men are the least likely to code switch. They don’t think they are threatening, they don’t feel like they are. And so, they can’t imagine that other people would feel differently, that they would feel threatened by them. So much so, that they feel legitimate to carry guns, to comment on how women look on the street, to be rude to the police, to pursue a career in politics, or to insult oppressed groups when they are presidents (#Sarkozy)… They move around the world without even the slightest awareness of how aggressive, damaging or uncomfortable their behaviour can be to others. How embarrassing or frightening it can be to comment on the appearance of a woman you don’t know… Ironically, then, straight white men are unaware of the very real threat they pose, while everyone around them is very careful about their environment, making sure that no one feels threatened by them.

Code Switching 101 for privileged populations

Code switching is a derisory tool in the face of adversity for oppressed or minority groups and can only protect them to a certain extent. As Natalie Morris says:

“Ultimately, no matter how meticulously you attempt to assimilate or emulate the behaviour of the majority – it doesn’t change your ‘otherness’ in the eyes of many. So, while the ability to code-switch can be useful, it is a flimsy shield against systemic, institutional and personal racism.”

So, what should we do?

For privileged groups, mainly straight white dudes, it is a matter of

  • creating authentic, accessible and welcoming spaces for diverse groups of people
  • acknowledging one’s own privileges and how one’s experiences are positively affected by them
  • trying to make life for oppressed groups less difficult
  • learning to become a better ally
  • learning to code switch for the oppressed rather than the other way around, in order to make them feel safe.

To make them feel safe means for instance giving signals during a conversation, including the experience of the other person, announcing a friendly presence to add moments of tenderness and solidarity, signaling that we do not present any threat. Slowing down, giving people space. Changing sidewalks rather than crossing a woman alone at night. Code switch.

Lauren Hough talks about it so well in her TED Talk:

At 8’10 » you can watch it live!

“A couple months ago, I was walking my dog, and a woman ran up to us like we were old friends. And I played along, cause I’m really bad with faces, and I work in a bar, who knows?! But it turns out she didn’t know me at all, she was running, and a guy had been running behind her for blocks. She didn’t want to run home, because no one was home. So she saw me, a person with a dog, and figured I was a safe bet. And we walked home, to my house, and I drove her home later.

And odds are that guy had no idea what he was doing. He had no idea he just terrified a young woman. But we all read the stories about a jogger who went missing. And all he had to do was: notice, turn around, pass her, slow down, take a different turn, but he didn’t. Because it didn’t occur to him that he could be threatening. It probably doesn’t occur to him that she’ll quit running. She’ll just decide it’s not worth the risk, and she’ll miss it.”

If code switching is so necessary for survival in a world as a person who is marked as other and whose identity categories are oppressed in an intersectional way, it is nevertheless a human skill, which can be developed, refined, also by able-bodied straight white males.

For others, it is a matter of ensuring that they have protected spaces to rest and recover. In my case, to alleviate my language problems, I have the chance twice a month to call my best friend. With him all my difficulties disappear, since he too is fluent in French, German and English. No need to code switch, therefore, and our conversations are like my note-taking for university: a chaotic mix of expressions, jokes, concepts, references in other languages, literal translations of idioms and expressions … The dream!

For those who use code switching most often, it’s also about rejecting the prescription, refusing to coddle those around them. The testimony of Isaac Sanders seems to me to be the most telling:

“I refuse to code switch for many reasons but the number one reason is because code switching is upholding the eurocentric cisheteronormative patriarchy that I have committed to dismantling for quite some time now. I will not put on a white voice or speak proper for a white audience. If you do not understand me, google it, if you do not get my reference, google it, if you think Yass Qween was created by Broad City I hope you trip and fall but don’t hurt yourself. I am so tired of juggling my identities, I have the right to live authentically without the world’s social norm police coming to get me. That’s what privilege looks like, being able to not have to think about the way you do things in the society you live in every waking moment so that you can thrive. I wanna be like the straight white kids, but I wanna be gay and black doing it.”

Since it is so easy to misunderstand intentions, perhaps by reversing the injunction, by asking the privileged populations to code switch, and the oppressed populations not to do so, we can all be a little less afraid of one another.

Sources :

https://www.thedailybeast.com/black-and-biracial-americans-wouldnt-need-to-code-switch-if-we-lived-in-a-post-racial-society?ref=scroll

https://www.npr.org/sections/codeswitch/2013/04/13/177126294/five-reasons-why-people-code-switch?t=1586103728473

https://www.dictionary.com/browse/code-switching

https://medium.com/@isaacsanders/i-refuse-to-code-switch-2e9e1ed36d02

https://www.vice.com/en_us/article/evj47w/the-exhausting-work-of-lgbtq-code-switching

1 Commentaire

Pour un féminisme décolonial et intersectionnel – Litténerante 28 avril 2020 at 11 h 34 min

[…] articles pour prolonger la réflexion : Introduction au code switching Capitalisme […]

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