Sexe

La vie sexuelle de mon voisin Francis – épisode 4, tout est vrai

Posté par Ju le Zébu 24 janvier 2020 0 commentaire

Et oui, vous serez peut-être surpris·e de ne pas retrouver la plume acérée de notre tendre Loupche. Pour la petite histoire, en octobre dernier, Loupche et son cher et tendre m’ont très gentiment proposé de venir habiter avec eux. A l’époque, enthousiaste et heureuse de vivre avec de si bon·ne·s ami·e·s, j’ai volontairement minimisé l’impact que Francis aurait sur notre quotidien. Loupche m’avait pourtant prévenu (voir épisodes 1, 2 et 3). Et tout est vrai.

Mon initiation au quotidien millimétré de ce cher Francis a commencé alors que je me brossais les dents. Mes valises n’étaient pas encore complètement défaites que Loupche me tire par le bras (toujours avec ma brosse à dents dans la bouche) à 22h45 précise : « Viens, viens, c’est maintenant ». Quoi ? Comment ? Effectivement, un matelas à ressorts semblait grincer avec une régularité poignante, jusqu’à la conclusion orgasmique. Au fait, vous ai-je spécifié que je suis une grande prude ? Cette intrusion quasi involontaire dans l’intimité de ce monsieur connu seulement de réputation fut relativement inconfortable. C’est très bien qu’il fasse l’amour mais je préférerais n’en rien savoir. Mais bon, c’est la vie de voisinage. A qui cela n’est-il jamais arrivé ? Passons donc. C’est humain.

Mais quelques minutes à peine ont passé depuis la satisfaction de monsieur Francis que Loupche me dit : « Tu vas voir, il va sortir sa guitare et elle va rigoler ». Les mots à peine prononcés qu’une sérénade et des rires assortis parviennent à mes oreilles ébahies. Mon amie et nouvelle colocataire serait-elle devin ? Que nenni. La vie amoureuse ou plutôt sexuelle du voisin du dessus suit un schéma identique à chacune des visites de cette mystérieuse partenaire. Les semaines et mois qui suivront donneront raison à cette observation.

En attendant, mon initiation se poursuit. Loupche me laisse regarder par le judas alors que Francis raccompagne sa partenaire jusqu’à sa voiture. (Certes, espionner ses voisin·e·s n’est pas très noble mais même les plus vertueux et vertueuses d’entre nous ne sauraient résister à tant de mystère.). OMG, mais elle a l’air d’avoir notre âge ! (c’est-à-dire la vingtaine). Ok, du calme, une relation inter-générationnelle, pourquoi pas ? Loupche monte sur ses grands chevaux: c’est une escorte ! Bon, vous l’aurez compris, je suis un peu plus mesurée et surtout je ne supporte pas Francis depuis aussi longtemps qu’elle. C’est très très bizarre tout de même. A l’heure où je vous écris, une relation économico-sexuelle ne m’étonnerait plus tant que ça, même si quelques éléments n’ont pas encore trouvé leur explication. Par exemple, j’entends régulièrement Francis et sa, disons « son amie », rirent ensemble dans la cuisine. Très fort. Ils semblent avoir une relation au moins amicale.

J’en conclue aussi que Francis est un sacré boute-en-train (d’ailleurs, une autre définition de « boute-en-train » est : « Mâle utilisé pour détecter l’état de chaleur des femelles dans les espèces où ce dernier est difficilement décelable (jument, brebis). », ce qui vraiment dégueulasse). Mais du sens de l’humour du voisin du dessus je profite très peu. Francis a plus d’une corde à son arc et comme vous l’aurez déjà compris, il a une très grande passion pour le noble art de la musique.

Mais l’enthousiasme ne fait pas tout et ses compétences sont assez limitées (comme Loupche vous l’a bien expliqué). En soi, ce n’est pas trop un problème. Mais jouer de la gratte comme un manche entre 23h et 1h, puis à partir de 6h30, ce n’est vraiment pas cool.

Après, la montée héroïque de Loupche en peignoir et claquettes (voir épisode 3), nous avions sincèrement espéré des jours qui chantent et des nuits tranquilles surtout.

Mais Francis est un petit garçon dans l’âme. Il s’est dit que s’il était sage pendant un mois, nous ne nous rendrions pas compte qu’il a repris la guitare à ses heures diaboliques. Francis est un vilain garçon. D’abord, il a cru que mettre un casque pour jouer serait une bonne idée. Pas complètement faux. Sauf, qu’il tape du pied avec la délicatesse d’un engin de chantier, et par dessus le marché, juste au-dessus de mon lit. Et comme il porte son casque, isolé qu’il est dans sa bulle de bonheur mélomane, il ne m’entend pas taper contre le plafond avec le balais. Le matin (à partir de 6h30), pas besoin de casque, debout la France ! Le soleil va bientôt se lever et Francis est de bonne humeur !

Le voisin du dessus a clairement participé à détériorer la qualité de mon sommeil et à augmenter mon stress. Depuis deux semaines, Francis a carrément laissé tombé le casque et le couvre-feu de 23h. Francis est un rebelle. A bas, les ententes de voisinage, je joue quand je veux. Pour m’endormir, j’imagine la lettre que je lui écrirais le lendemain matin (et que j’oublie toujours de faire, par couardise sûrement) :

« Cher Monsieur Francis,
Vous et moi avons un point commun : nous ne devrions pas toucher aux instruments de musique. La tentation est grande, je le sais bien, mais pour le bien commun, nous ne devrions nous servir de nos capacités anti-musicales que pour lutter à la chute du capitalisme.
Cordialement et haut les coeurs !
Ju le Zébu »

Loupche a ramené dernièrement de chez ses parents une flûte à bec et un alto dont je me suis empressée de jouer comme un pied pour embêter Francis. Mais sur ce terrain-là, je n’ai aucune chance. Choisirons-nous la diplomatie pour améliorer nos relations de voisinage ? Loupche semble chercher à créer une entente avec Francis en se basant sur un ennemi commun : notre voisin de palier. Mais la discorde n’est jamais loin. Jusqu’où irons-nous ? La suite à l’épisode 5 !

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