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IVG dans la Constitution : victoire historique, mais Amnesty rappelle qu’un droit sans moyens ne sert pas à grand-chose

posted by Vincent 17 décembre 2023
IVG dans la Constitution : victoire historique, mais Amnesty rappelle qu'un droit sans moyens ne sert pas à grand-chose

C’est une première mondiale. Le 4 mars 2024, la France a inscrit dans sa Constitution la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Le Parlement réuni en Congrès à Versailles a adopté cette révision constitutionnelle, faisant du pays le premier au monde à élever ce droit au rang de principe fondamental.

Les images de cette nuit-là ont circulé. Des parlementaires en larmes, des militantes debout, un moment qui a pris de court même celles qui l’attendaient depuis des années.

Mais à peine les célébrations terminées, Amnesty International a posé la question qui fâche : et maintenant, concrètement ?

Pour Lola Schulmann, chargée de plaidoyer pour l’association, inscrire un droit dans la Constitution ne suffit pas si les femmes n’y ont pas accès dans les faits. Or la réalité de l’accès à l’avortement en France reste compliquée.

Des centres IVG ferment. Des déserts médicaux s’étendent. Les délais d’attente varient considérablement selon les régions. Certaines patientes doivent se déplacer loin de chez elles, ou attendre trop longtemps, dans un pays où les délais légaux sont malgré tout limités.

Amnesty réclame donc que cette avancée constitutionnelle s’accompagne de moyens concrets : maintien des centres IVG dans les zones rurales et isolées, ouverture continue l’été, accès garanti à une éducation sexuelle fiable pour les jeunes.

Ce n’est pas une critique de la constitutionnalisation. C’est un rappel de bon sens.

Un droit gravé dans le marbre mais inaccessible dans les faits ressemble beaucoup à une promesse. La France a souvent excellé à produire de grands textes protecteurs et à laisser leur application à la traîne.

Ce qui est nouveau, et important, c’est que ce droit est désormais difficile à supprimer. Une loi ordinaire ne pourra plus, du jour au lendemain, restreindre ou abolir le droit à l’avortement sous la pression d’une majorité politique hostile. C’est ce que visait la révision, et c’est un filet de sécurité réel.

Mais il faudrait que les femmes qui vivent dans des zones rurales, qui n’ont pas de voiture, qui travaillent à plein temps, qui élèvent seules leurs enfants, puissent effectivement exercer ce droit sans parcours du combattant.

Amnesty International dit, en substance, que la symbolique est belle mais que la politique de santé doit suivre. On aurait du mal à leur donner tort.

La Constitution dit « liberté ». À l’État d’en faire une réalité.

Crédit photo : DR

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