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Boualem Sansal détenu en Algérie : l’inquiétude monte, Macron s’en mêle

posted by Vincent 23 novembre 2024
Boualem Sansal détenu en Algérie : l'inquiétude monte, Macron s'en mêle

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a disparu des radars en Algérie, et l’affaire a fini par remonter jusqu’au sommet de l’État. Emmanuel Macron s’est dit très préoccupé par le sort de l’auteur, réclamant des éclaircissements et son retour.

Sansal, 75 ans passés, n’est pas n’importe qui. C’est l’une des grandes voix de la littérature algérienne de langue française, primé, lu, traduit. Le serment des barbares, Le village de l’Allemand, ou encore 2084 où il imaginait une dystopie islamiste glaçante : une œuvre traversée par la critique des intégrismes et des pouvoirs autoritaires.

C’est précisément ce franc-parler qui lui vaut des ennuis. Interpellé à son arrivée en Algérie, il aurait été visé après des déclarations à un média français classé à droite, dans lesquelles il évoquait les frontières héritées de la colonisation entre l’Algérie et le Maroc. De quoi déclencher la machine judiciaire algérienne, sur fond de relations diplomatiques déjà électriques entre Paris et Alger.

L’inquiétude est d’autant plus vive que l’homme est âgé et fragile. Sa famille, ses éditeurs, le monde des lettres : tous réclament des nouvelles et dénoncent une affaire qui sent l’arbitraire. Quand un écrivain est inquiété pour des mots, c’est rarement bon signe.

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La position de Macron est délicate. Trop appuyer, et Paris donne l’impression de s’ingérer dans les affaires d’un État souverain, ce qui peut se retourner contre Sansal. Trop peu, et on abandonne un citoyen français à son sort. Le chef de l’État a choisi de parler, en se disant confiant dans le discernement de son homologue algérien. Diplomatie des mots choisis.

Au-delà du cas personnel, l’affaire pose une question qui dépasse les frontières : que vaut la liberté d’un écrivain quand elle se heurte à la raison d’État ? Sansal a bâti toute son œuvre sur le refus de se taire. Le voir réduit au silence par la justice donne à ses livres une résonance amère.

L’histoire, on le sait aujourd’hui, finira par une grâce et un retour en France. Mais au moment où l’inquiétude était à son comble, c’était loin d’être écrit.

Reste l’essentiel : lire ou relire Sansal. Pas par charité militante, mais parce que c’est un grand écrivain, lucide et incommode, exactement le genre qu’on aimerait n’avoir jamais à défendre.

Crédit photo : DR

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