Culture

Vingt-cinq ans après son premier roman, Philippe Besson remonte à l’enfant qu’il était avant d’écrire

posted by Vincent 16 août 2026
Couverture du roman La première phrase du premier livre de Philippe Besson, éditions Julliard

Il y a vingt-cinq ans, Philippe Besson publiait En l’absence des hommes et devenait écrivain. Son nouveau livre, qui paraît le 3 septembre chez Julliard, prend le problème à l’envers. Au lieu de raconter ce qui vient après la première phrase, il remonte le fil de tout ce qu’il y avait avant.

Le titre dit bien le vertige : La première phrase du premier livre. Comme si toute une vie tenait dans l’instant précis où l’on ose enfin poser des mots sur une page. Besson revient donc sur trois décennies, des années 70 aux années 90, et cherche à comprendre qui il était avant ce basculement.

On commence par une enfance rurale plutôt protégée, quelque part en Charente. Puis vient une adolescence rêveuse et un peu cabossée, celle d’un garçon qui sent déjà qu’il ne suivra pas les chemins tout tracés. L’arrivée à Paris marque l’émancipation, avec ce mélange de liberté et de trouille qu’on connaît tous quand on débarque quelque part pour de bon.

Sauf que voilà, ces années-là, c’est aussi le sida. Et Besson ne contourne pas la question. L’épidémie fauche des proches, installe la perte comme un décor permanent, et c’est là que la littérature arrive vraiment : pas comme un joli projet de carrière, mais comme une façon de continuer à parler à ceux qui ne sont plus là.

La première phrase du premier livre — Philippe Besson (Julliard)

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Ce qui rend le livre attachant, c’est qu’il ne s’enferme jamais dans le nombril de l’auteur. Besson accroche son parcours à des repères que beaucoup de lecteurs vont reconnaître : la Radioscopie de Jacques Chancel à la radio, la figure fraternelle de Goldman, la fin de la guerre froide, et cette peur un peu bête de l’an 2000. Du coup, on lit sa vie et on relit un peu la sienne au passage.

C’est sans doute là sa vraie réussite. On tient moins une autobiographie qu’un portrait de génération, celle qui a grandi avec ces objets, ces chansons, ces angoisses collectives. Ceux qui ont vécu ces années s’y retrouveront à coup sûr, les plus jeunes y verront une machine à remonter le temps assez juste.

Alors oui, c’est de l’intime, et Besson en a déjà beaucoup donné. Mais quand c’est écrit avec cette clarté et cette pudeur, on ne va pas bouder. Un livre à glisser dans la valise de fin d’été, pour les 240 pages qui font du bien sans jamais forcer sur le pathos.

Crédit photo : Julliard

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