Culture

Michael Kiwanuka revient avec Fudge, un album solaire né dans l’ombre d’un AVC

posted by Vincent 29 octobre 2026
Pochette psychédélique de l'album Fudge de Michael Kiwanuka, signée Stevie Gee

On attendait ce disque depuis un moment, et il est enfin là. Michael Kiwanuka a sorti Fudge le 23 octobre, son cinquième album studio, et c’est le genre de retour qu’on n’oublie pas de sitôt. La critique anglo-saxonne lui a réservé un accueil dithyrambique, avec un Metascore qui frôle les 82 sur Metacritic. Rien que ça.

Pour ceux qui auraient loupé le bonhomme, Kiwanuka, c’est cette voix chaude et un peu brisée qui a porté Cold Little Heart, le générique de Big Little Lies, et qui lui a valu un Mercury Prize en 2020. De la soul anglaise, nourrie au folk et au gospel, qui n’a jamais eu peur de prendre son temps.

Et justement, le temps, c’est un peu le sujet de cet album. Fudge a été écrit presque en même temps que Small Changes, son disque de 2024, comme un projet parallèle fait à la maison, loin des gros studios et de la pression. Kiwanuka s’y produit lui-même pour la première fois depuis ses débuts en 2012, épaulé par Dom Monks et les arrangements de cordes de Rosie Danvers. On sent cette liberté dans chaque morceau.

Le hic, c’est que la sortie a failli ne jamais arriver. Le disque est resté dans un tiroir près d’un an, le temps que l’artiste se remette d’un AVC qui aurait pu tout arrêter. Du coup, écouter Fudge aujourd’hui prend une saveur particulière, comme un enregistrement d’avant la tempête, insouciant sans le savoir.

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Musicalement, c’est psychédélique, chaud, cotonneux. La pochette signée Stevie Gee, un délire de couleurs tourbillonnantes, résume bien l’affaire. On pense parfois aux grandes heures de la soul des années 70, à Terry Callier, à Bill Withers, mais filtrées par une mélancolie très contemporaine. Les morceaux coulent sans jamais forcer, portés par des cordes somptueuses et cette voix qui semble sourire et pleurer en même temps.

Est-ce son meilleur album ? Peut-être pas, Love & Hate reste difficile à détrôner. Mais c’est sans doute le plus apaisé, le plus lumineux aussi. Un disque qui ne cherche pas à impressionner, juste à faire du bien. Et par les temps qui courent, croyez-moi, ça compte.

À écouter un dimanche pluvieux, un café à la main, sans rien faire d’autre. Vous me remercierez.

Crédit photo : Universal Music

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