
L’acteur britannique Michael Gambon est mort le 28 septembre 2023 à l’âge de 82 ans, des suites d’une pneumonie. Sa famille l’a annoncé avec une sobriété à la hauteur du personnage.
Pour le grand public, son nom reste indissociable du rôle d’Albus Dumbledore, qu’il a endossé à partir du troisième volet de la saga Harry Potter, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, en 2004. Il reprenait le rôle laissé vacant par Richard Harris, décédé en 2002.
Reprendre Dumbledore après Harris, c’était une mission délicate. Les fans étaient attachés à la douceur feutrée du premier interprète. Gambon a imposé autre chose : une autorité plus rugueuse, une présence plus physique, parfois une colère sourde. Certains admirateurs ne lui ont jamais pardonné la scène du quatrième film où Dumbledore bouscule Harry – une liberté prise avec le texte de Rowling qui a fait couler beaucoup d’encre sur les forums de l’époque. D’autres ont vu dans cette interprétation une richesse propre, un sorcier plus humain dans ses contradictions, moins lisse que le sage de carte postale.
Mais Michael Gambon, c’est loin de se résumer à Poudlard.
Né à Dublin en 1940, formé au Théâtre national britannique dès les années 1960, il a traversé six décennies de scène et d’écran avec une constance remarquable. Au théâtre, il a joué les grands rôles du répertoire shakespearien. À la télévision britannique, il s’est imposé dans des productions exigeantes. Au cinéma, il a composé des personnages souvent en second rôle, rarement anodins.
Il avait reçu le titre de Sir en 1998, reconnaissance d’une carrière construite sans esbroufe, solide comme un roc.
Dans les dernières années, il parlait volontiers de sa mémoire défaillante, de sa difficulté croissante à apprendre des textes. Une franchise désarmante, sans apitoiement aucun.
Les hommages ont afflué dès l’annonce de son décès. Daniel Radcliffe lui a rendu un tribut long et personnel. Emma Watson, Rupert Grint et de nombreux autres membres de la saga Harry Potter ont pris la parole. Le monde du théâtre britannique a aussi réagi, rappelant une carrière qui débordait largement le cadre de la franchise.
On peut ne pas avoir été fan de sa version de Dumbledore – et c’est un débat légitime entre fans de la saga – et reconnaître quand même ce qu’il apportait à chaque scène : une présence capable de faire exister un personnage au-delà du décor, du costume et des effets numériques.
L’intégrale de la saga reste une belle façon de lui rendre hommage. Et d’apprécier, avec le recul, ce que cette version de Dumbledore avait d’unique.
Crédit photo : DR
Revoir la saga pour rendre hommage à Michael Gambon :
Harry Potter — Coffret intégrale 8 films Blu-ray → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.





