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Un pharaon oublié refait surface, et c’est un siècle d’attente qui se referme

posted by Vincent 22 février 2025
Un pharaon oublié refait surface, et c'est un siècle d'attente qui se referme

Il faut imaginer la scène. Une équipe d’archéologues descend dans un couloir poussiéreux, à l’ouest de Louxor, persuadée de tomber sur la sépulture d’une épouse royale. Et puis non. Les jarres brisées qu’on ramasse au sol portent un nom de roi. Thoutmôsis II.

On vient de retrouver la dernière tombe de pharaon manquante de la XVIIIe dynastie. La première sépulture royale égyptienne mise au jour depuis celle de Toutankhamon en 1922. Cent ans, donc, qu’on n’avait pas vécu un moment pareil.

Thoutmôsis II n’est pas le plus glorieux des souverains. Il a régné autour de 1492 à 1479 avant notre ère, brièvement, sans laisser de grand monument à son nom. La postérité l’a surtout retenu comme l’époux de Hatchepsout, cette reine ambitieuse qui s’est ensuite proclamée pharaon à part entière et a régné pendant plus de vingt ans. Lui, c’est le mari discret resté dans l’ombre d’une femme de pouvoir. Un comble pour l’Égypte antique.

L’entrée avait été repérée dès 2022, dans un secteur baptisé Wadi C, à quelques kilomètres seulement de la Vallée des Rois. Les fouilleurs pensaient d’abord avoir affaire à la tombe d’une dame de la cour. Ce sont les inscriptions, fragment après fragment, qui ont fini par trancher. Le nom du roi, celui de Hatchepsout, et la certitude qu’on tenait là quelque chose d’exceptionnel.

Pour creuser la figure de Hatchepsout, l’épouse devenue pharaon qui plane sur cette tombe, la biographie de Christiane Desroches-Noblecourt reste une référence.

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Le hic, c’est l’état des lieux. La chambre funéraire a souffert. Des inondations anciennes ont ravagé l’intérieur, emportant une partie du mobilier et des décors. La momie du roi, elle, n’était plus là depuis longtemps : on l’avait déplacée dans l’Antiquité pour la protéger des pillards, et elle repose aujourd’hui dans une collection bien connue. La tombe, en somme, était vide de son occupant. Mais elle parle quand même.

Car c’est tout l’intérêt de ces découvertes. Une tombe n’a pas besoin d’or pour être précieuse. Les bribes d’inscriptions, l’architecture du couloir, les traces laissées par les crues nous renseignent sur la manière dont on enterrait les rois à cette époque, sur les rituels, sur l’organisation de cette nécropole. On reconstitue une histoire à partir de presque rien, et c’est souvent là que le travail devient passionnant.

Reste une question qui agace déjà les égyptologues. Si cette tombe a été vidée et abandonnée, où le roi a-t-il été enterré dans un second temps ? Certains penchent pour l’existence d’une seconde sépulture, encore cachée, qui contiendrait peut-être ce que celle-ci a perdu. Les fouilles continuent.

On a tellement l’habitude de croire que l’Égypte a livré tous ses secrets. Que les grandes heures de l’archéologie appartiennent au passé, aux explorateurs en casque colonial. Et puis un trou dans le désert vient rappeler que non. Le sol garde encore des rois. À nous d’avoir la patience de les retrouver.

Crédit photo : DR

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