Culture

Métal Hurlant ressuscite, et cette fois c’est du sérieux

posted by Vincent 29 septembre 2021
Métal Hurlant ressuscite, et cette fois c'est du sérieux

Certains titres ont une aura qui survit à leurs propres cendres. Métal Hurlant en fait partie. Né en 1975 sous l’impulsion de Jean-Pierre Dionnet, Mœbius, Druillet et compagnie, le magazine a redéfini la bande dessinée de science-fiction et inspiré jusqu’aux décors de Blade Runner ou d’Alien. Rien que ça.

Disparu, ressuscité, redisparu plusieurs fois, le titre culte avait fini par devenir une relique pour collectionneurs. Et puis voilà qu’il revient, encore une fois, mais dans une formule qui change la donne.

Cette nouvelle version a pris la forme d’un mook, ce format hybride à mi-chemin entre le magazine et le livre. Concrètement, un objet épais de 288 pages tout en couleur, pensé pour trôner en librairie plutôt que disparaître d’un kiosque au bout de quinze jours.

Le prix suit la logique : 19,95 euros le numéro. On est loin de la revue qu’on feuillette puis qu’on jette. Ici, on achète un volume qu’on garde, qu’on aligne sur l’étagère, qu’on relit. Un pari assumé sur la valeur de l’objet.

Côté rythme, c’est désormais une parution trimestrielle. Quatre rendez-vous par an, chacun bâti autour d’une thématique différente. De quoi laisser le temps de soigner les sommaires plutôt que de courir après l’actualité.

Métal Hurlant N°1 : Le Futur c'est déjà demain

Le numéro de la renaissance, à retrouver en librairie ou en ligne :

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La direction du projet revient à Vincent Bernière, déjà à l’origine des Cahiers de la BD. Un connaisseur, donc, qui sait dans quel héritage il met les pieds et combien la nostalgie peut être un piège autant qu’un atout.

Car tout l’enjeu est là. Comment honorer une légende sans se contenter de la momifier ? La réponse de cette mouture est maligne : alterner. Chaque numéro mélange des créations totalement inédites, signées par une nouvelle génération d’auteurs, et des rééditions de planches historiques.

Le fil rouge thématique, lui, vise « l’anticipation toute proche ». Pas les galaxies lointaines ni les empires intergalactiques, mais le futur de demain matin, celui qui ressemble dangereusement à notre présent. Une science-fiction de proximité, en somme, qui colle aux angoisses du moment.

Pour les lecteurs historiques, c’est une madeleine de Proust grand format. Pour les plus jeunes, une porte d’entrée idéale vers un pan essentiel de la BD adulte, longtemps cantonné aux bacs des bouquinistes.

Reste à voir si le public suivra dans la durée, car ce genre de relance vit ou meurt sur la fidélité de ses acheteurs. Mais l’intention est limpide et le soin apporté à l’objet, indéniable. Métal Hurlant ne cherche pas à rejouer 1975. Il essaie de prouver que sa formule, science-fiction exigeante et liberté graphique totale, a encore parfaitement sa place aujourd’hui. Et franchement, on a envie d’y croire.

Crédit photo : DR

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