Culture

Kamel Daoud décroche le Goncourt 2024 pour Houris

posted by Vincent 4 novembre 2024
Kamel Daoud décroche le Goncourt 2024 pour Houris

Le Goncourt 2024 est tombé, et il récompense Kamel Daoud pour Houris. Une consécration qui ne doit rien au hasard : l’écrivain algérien traîne depuis des années une réputation de plume exigeante, capable de bousculer aussi bien les lecteurs que les certitudes.

On le connaissait déjà pour Meursault, contre-enquête, ce roman qui prenait L’Étranger de Camus à revers en donnant enfin un nom et une histoire à l’Arabe tué sur la plage. Un coup d’éclat qui l’avait installé d’emblée parmi les voix qui comptent. Avec Houris, il change de terrain mais garde la même ambition : interroger l’identité, la foi, le poids de la tradition, sans jamais chercher à rassurer.

Le jury a salué la profondeur de l’écriture et cette manière qu’a Daoud de questionner les croyances tout en gardant ses distances. Au moment de recevoir le prix, l’auteur a dit son attachement à la langue française, qu’il voit comme un terrain de dialogue plutôt qu’un héritage encombrant. Venant d’un écrivain algérien souvent au coeur des polémiques, la phrase n’est pas anodine.

Curieux de juger sur pièce ? Houris, le roman couronné par le Goncourt, est en librairie.

Houris, de Kamel Daoud → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Car c’est sans doute là que se joue l’intérêt de ce Goncourt. La littérature algérienne de langue française a longtemps été rangée du côté des récits de guerre et de décolonisation. Daoud, lui, déplace le regard vers les questions spirituelles et intimes. Ce n’est plus seulement l’Histoire avec un grand H qui parle, c’est aussi l’individu, ses doutes, ses contradictions.

Reste que Houris ne s’annonce pas comme une lecture de plage. Daoud n’écrit pas pour plaire, et ceux qui ont aimé Meursault le savent : il y a chez lui une tension, une volonté de gratter là où ça gêne. Le prix devrait offrir au roman une visibilité considérable, et accessoirement relancer le débat sur la place des écrivains du Maghreb dans le paysage francophone.

On peut toujours discuter du choix de l’académie Goncourt, c’est même un sport national chaque automne. Mais difficile de reprocher au jury d’avoir distingué un auteur qui prend des risques plutôt qu’un texte consensuel. Pour une fois, le prix le plus médiatique de la rentrée récompense une écriture qui dérange un peu. Et ça, ça mérite d’aller voir de plus près.

Crédit photo : DR

Leave a Comment

À lire